jeudi 6 mars 2008
Ouganda : Desmond Tutu appelle le gouvernement à respecter la communauté gay
Dans une lettre adressée au président ougandais, les signataires demandent l'arrêt des "insultes et des attaques légales du gouvernement contre les personnes LGBT", rappelant que "toutes les traditions religieuses exigent qu'on prenne soin des personnes opprimées et qu'on respecte la dignité de tout individu".
”Nous sommes particulièrement sensibles au fait que des membres de votre gouvernement aient appelé à des actions criminelles contre des personnes du seul fait de qui elles aiment et les aient réduites au silence, à l'isolement, à la peur et à l'invisibilité", écrivent encore les religieux.
L'Ouganda est l'un des pays qui a le plus renforcé son arsenal législatif répressif contre l'homosexualité ces dernières années. Les tribunaux y prononcent des jugements de plus en plus sévères.
Les actes de sodomie sont désormais passibles de peines pouvant aller jusqu'à 14 ans de prison.
Un fort climat d'homophobie existe au sein de la population comme en témoigne un sondage d'août 2007 indiquant de 95% des ougandais souhaitaient que les relations homosexuelles soient interdites par la loi.
Les effets de cette politique sur la lutte contre l'épidémie de sida qui touche le pays sont désastreux et empêche toute action efficace de prévention et de soin.
Dans ce contexte très hostile, un embryon de mouvement LGBT existe néanmoins. L'été dernier, l'organisation "Sexual Minorities Uganda" (SMUG), a appelé les autorités à laisser les personnes LGBT à "vivre en paix" lors d'une conférence de presse à Kampala.
A l'opposé, un certain nombre de groupes religieux homophobes ont organisé une marche de protestation contre "les victimes de l'homosexualité" et encouragent le gouvernement à réprimer davantage "les actes criminels contre les lois de la nature".
Source : E-llico.com
Desmond Tutu dénonce l'obsession gay de l'Église
Dans cet entretien, il critique également Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef des Anglicans dans le monde : « Notre monde est confronté à des problèmes, la pauvreté, le VIH et le sida, une pandémie dévastatrice, les conflits... Dieu doit être en pleurs en regardant les atrocités que nous commettons les uns contre les autres. Face à tout cela, notre Église, en particulier l'Église anglicane, est presque obsédée à l'heure actuelle par des questions sur la sexualité humaine. » Puis Desmond Tutu ajoute que l'Église anglicane lui a paru « extrêmement homophobe » lors de la querelle sur la question d'autoriser ou non le prêtre ouvertement homosexuel Gene Robinson à devenir évêque du New Hampshire. Desmond Tutu se dit « attristé et honteux » de l'Église sur ce point. Quand le journaliste lui demande s'il a toujours honte, il répond : « Si nous ne voulons pas accueillir ou inviter des personnes en raison de leur orientation sexuelle, oui. Car si Dieu comme ils le disent était homophobe je ne vénérerais pas ce Dieu ».
Toujours dans cet entretien accordé à la BBC, l'archevêque anglican parle de ces religieux conservateurs qui croient que l'homosexualité est un choix : « C'est une perversion si vous me dites que quelqu'un choisit d'être homosexuel... Il faut être fou pour choisir un mode de vie qui vous expose à tant de haine. C'est comme dire que vous choisissez d'être noir dans une société infectée par le racisme. »
Source : Gayclic.com
Un jeune gay italien renvoyé de sa chorale
Source : Gayclic.com
Benoît XVI félicite les Etats-Unis pour leur opposition au mariage homosexuel
Mary Ann Glendon, qui est une proche alliée du Président Bush, a pris ses fonctions le mois dernier.
Le pape doit effectuer un voyage de plusieurs jours aux USA et aux Nations Unies au cours duquel il compte réaffirmer ses positions.
Les « 100 révérends » au Mardi Gras gay de Sydney
mercredi 5 mars 2008
dimanche 13 janvier 2008
France : un religieux nommé au Conseil national du sida
Bruno Cadoré, 53 ans, est médecin et professeur d'éthique biomédicale à l'université catholique de Lille.
Le Conseil national du sida, qui compte 24 membres, a été créé en 1989 pour donner des avis sur les problèmes posés à la société par la maladie. Il peut être saisi par les autorités de l'Etat ou s'auto-saisir. Il est présidé depuis 2003 par le professeur Willy Rozenbaum.
Le conseil publie tous les deux ou trois ans des rapports sur le thème "Ethique, sida et société".
Source : E-llico, mis en ligne le 07/01/08.
Espagne : la droite et l'Eglise veulent remettre en cause le mariage gay / les socialistes contre-attaquent sur leur bilan face à l'Eglise
"Nous ne ferons pas un pas en arrière, nous continuerons à travailler pour que les citoyens espagnols aient plus de droits et soient plus libres", a prévenu le parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) dans un communiqué.
"Tout le monde a le droit d'avoir des droits, quelles que soient ses croyances", a insisté mercredi le chef du gouvernement socialiste, José Luis Zapatero, lors d'un meeting à Almonte.
Au cours des quatre années de législature socialiste, "plusieurs lois ont permis d'augmenter les droits et les politiques sociales en faveur des familles", ajoute le communiqué du PSOE.
Beaucoup de ces mesures, comme le mariage homosexuel, la suppression de l'enseignement religieux obligatoire, ou une loi facilitant les procédures de divorce, ont suscité l'hostilité de l'Eglise.
Dimanche, plusieurs archevêques parmi les plus conservateurs, ont tenu des propos très virulents à l'égard de ce bilan.
Le gouvernement "fait trembler les bases de la famille avec des lois iniques et injustes", a lancé l'archevêque de Tolède lors d'un grand rassemblement qui a réuni plusieurs 150 000 personnes à Madrid.
"La culture de la laïcité radicale est une tromperie qui ne conduit qu'à l'avortement et au divorce-express" et "mène à la dissolution de la démocratie", selon l'archevêque de Valence.
"La force de la démocratie est de garantir la cohabitation de toutes les options idéologiques", et ceux qui ne respectent pas ces principes "s'éloignent des fondements de la démocratie", a répondu le PSOE.
A gauche, les propos des archevêques ont été interprétés comme une entrée de plain pied de l'Eglise dans la campagne électorale des élections du 9 mars, pour lesquelles José Luis Zapatero brigue un second mandat, face, comme il y a quatre ans, au conservateur du Parti populaire (PP) Mariano Rajoy.
"Le national-catholicisme est entré en campagne électorale", a critiqué le ministre de la Justice, tandis que le journal El Pais évoquait des "évêques en campagne".
"J'ai eu l'impression qu'il s'agissait d'un acte du PP présidé par des cardinaux", a affirmé le numéro deux du PSOE, José Blanco, alors que le scrutin s'annoncé serré.
Source : E-llico.com (mis en ligne le 03/01/08 ).
La campagne éléctorale pour les élections législatives prend un tour très agressif en Espagne. La droite qui espère revenir au pouvoir mène avec l'Eglise une offensive morale et politique contre le mariage gay notamment, mesure symbolique de la législature socialste.
La vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, a fermement répondu jeudi aux récentes critiques des évêques espagnols, en assurant que l'époque où "une seule morale" était imposée aux Espagnols était "révolue".
"La société n'est pas disposée à revenir aux temps où une morale unique était imposée à tous les Espagnols", a déclaré la numéro deux du gouvernement espagnol devant une commission parlementaire.
La vice-présidente du gouvernement espagnol réagissait aux vives critiques exprimées le 30 décembre dernier par les évêques espagnols contre les réformes à orientation laïque du gouvernement socialiste espagnol: mariage homosexuel, divorce facilité, fin de l'enseignement obligatoire de la religion, etc.
"La culture de la laïcité radicale est une tromperie qui mène à la dissolution de la démocratie", était allé jusqu'à prétendre l'archevêque de Valence.
Ces prises de position témoignent selon la gauche espagnole d'une intrusion de l'église catholique dans le débat politique, en faveur de l'opposition de droite, à deux mois des élections législatives du 9 mars.
Le leader du Parti Populaire (PP, droite), Mariano Rajoy, vient d'ailleurs de franchir un pas supplémentaire et de se prononcer pour la suppression du mariage homosexuel et de l'adoption par les couples de même sexe.
Cette prise de position pourrait annoncer un durcissement de la ligne du PP qui, bien que s'étant opposé au vote de cette mesure, n'a jamais inscrit son abolition dans son programme législatif.
La Fédération nationale LGBT espgnole s'alerte et se prépare à mobiliser contre ce "pas en arrière pour les droits civils". Selon elle, le Parti Populaire "démontre une fois de plus son intention de continuer à discriminer les lesbiennes, les gays et leurs enfants en dynamitant les droits reconnus durant cette législature".
Source : E-llico.com (mis en ligne le 11/01/08)
mardi 18 décembre 2007
Desmond Tutu s'excuse pour la persécution des gays par l'Eglise
Dans une interview accordée à un programme gay de la BBC de Manchester, "The Gay Hour" qui doit être diffusé lundi soir, le religieux sud-africain Desmond Tutu déclare : "Je veux m'excuser auprès de vous et de tous ceux que l'Eglise a persécutés. Je regrette que nous ayons pris part à la persécution d'un groupe particulier. De mon point de vue, c'est contraire au message du Christ et donc inacceptable". "Je regrette les blessures, le rejet, l'angoisse que nous nous avons causé à vos semblables", ajoute-t-il s'adressant à son interviewer gay.
Cette interview est diffusée lundi 17 décembre à 20 heures sur l'antenne de BBC Radio Manchester, mais elle aussi disponible sur le site Internet bbc.co.uk/manchester.
Desmond Tutu avait déjà déclaré il y a quelques semaines l'Eglise anglicane est " homophobe" dans une autre émission de radio de la BBC.
L'archevêque anglican avait vivement critiqué l'Eglise anglicane qui est, selon lui, "obsédée" par la question de l'homosexualité. "Dieu doit pleurer en voyant les atrocités que nous commettons les uns envers les autres", a-t-il ajouté.
Desmond Tutu, 76 ans, prix Nobel de la paix en 1984, s'est dit "attristé" et "honteux" du comportement de l'Eglise dans la controverse autour de l'ordination du prêtre Gene Robinson, homosexuel déclaré, nommé évêque du New Hampshire.
"Si Dieu, comme certains le disent, était homophobe, alors je ne vénèrerais pas pas ce Dieu", était allé jusqu'à dire l'archevêque.
En novembre 2006, Desmond Tutu avait signé la pétition internationale du Comité IDAHO en faveur de la dépénalisation de l'homosexualité dans le monde.
Mis en ligne le 17/12/07 sur E-llico.com
lundi 10 septembre 2007
Autriche: les gays protestent contre la visite du pape
La visite du pape intervient dans un pays encore très marqué par les scandales sexuels qui ont éclaboussé l'église autrichienne ces dernières années.
Le cardinal Hans Hermann Grör, ancien archevêque de Vienne décédé en 2003, avait dû démissionner en 1995 après avoir été accusé d'attouchements par d'anciens séminaristes alors qu'ils étaient mineurs.
Un autre haut prélat, l'ancien évêque ultra-conservateur de Sankt-Pölten Kurt Krenn, a également été contraint à la démission en 2004 par le Vatican après avoir couvert des pratiques mêlant homosexualité et zoophilie dans le séminaire de son diocèse.
jeudi 6 septembre 2007
Food for thought ! ;-)
Article paru dans Le Monde du 13/07/2007
Quelle est la situation des recherches sur l'homosexualité ? Deux excellentes publications, auxquelles ont participé quelques-uns des meilleurs spécialistes du moment, français et étrangers, établissent un état des lieux en même temps qu'elles dessinent, exemples à l'appui, les nouveaux contours des « études gaies et lesbiennes ».Un constat, d'abord : aujourd'hui encore, la plupart des travaux sur l'homosexualité dans les sciences sociales sont publiés aux Etats-Unis, où les Gay and Lesbian Studies ont droit de cité dans plusieurs grandes universités depuis une vingtaine d'années. En France, il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que le monde académique commence à reconnaître la légitimité d'un domaine de recherche en plein essor, ce dont témoignent les colloques, les séminaires et les entreprises éditoriales de qualité qui se sont multipliés au cours des dix dernières années.
Selon Laure Murat, l'une des contributrices du collectif publié par les éditions Epel, ce retard français résulte d'une triple résistance. Politique, d'abord, « l'universalisme à la française s'étant toujours méfié de ce qui touchait aux communautés, terme implicitement assimilé à un communautarisme contraire à l'idéal républicain ». Résistance intellectuelle, ensuite, de la part d'une université rétive à bâtir des programmes résolument transdisciplinaires à l'image des « studies » à l'américaine, où collaborent sociologues, philosophes, psychanalystes, juristes, historiens et spécialistes de littérature. Méfiance lancinante, enfin, vis-à-vis d'un objet longtemps promu par des militants de la « cause » homosexuelle et, dès lors, dévalorisé d'un point de vue scientifique.
Signe, malgré tout, du processus de légitimation en cours, la publication d'un dossier sur l'histoire des homosexualités dans la prestigieuse Revue d'histoire moderne et contemporaine, dirigée par Daniel Roche et Pierre Milza. Coordinatrice de ce numéro, Florence Tamagne y dresse un bilan historiographique dans lequel apparaissent quelques tropismes : une prédominance des études sur l'homosexualité masculine, un intérêt persistant pour l'histoire des deux derniers siècles, et enfin une concentration des recherches sur quelques pays, essentiellement l'Allemagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France.
Les problématiques actuellement en vogue, dont les articles réunis dans ces deux volumes donnent un aperçu, pourraient pallier certains de ces déséquilibres. Tandis que se multiplient les travaux sur le lesbianisme, de plus en plus de chercheurs s'intéressent aux « subcultures » homosexuelles, à travers l'étude des sociabilités, des pratiques culturelles et des mouvements associatifs. Sur le plan conceptuel, enfin, la vogue de la théorie « queer », qui appelle à une déconstruction de la notion de genre et des identités sexuelles, stimule les recherches sur le travestissement et le transsexualisme tout en confortant une exigence : celle d'une nécessaire historicisation de la notion même d'homosexualité, une catégorie normative délicate à utiliser pour l'époque précontemporaine, ce que montrent les études, encore rares, consacrées à l'Antiquité et au Moyen Age.
Thomas Wieder.
lundi 30 juillet 2007
Dictionnaire des idées reçues sur le mariage gai par Eric Fassin
Article
Beurre : Les homosexuels veulent le beurre et l’argent du beurre, autrement dit, la jouissance et le mariage (les hétérosexuels, eux, ont su choisir).
Bien-pensance (on disait naguère : politiquement correct) : Tonner contre. Pour y résister, avoir l’audace de rappeler une vérité trop souvent négligée : pour faire un enfant, il faut un homme et une femme.
Communautarisme : Les gays sont communautaristes (comme les Américains) ; nous sommes républicains (puisque Français).
Conformiste : Qui veut changer les mœurs et les lois. Par anticonformisme, vouloir les conserver.
Débat : Déplorer son absence. Ne rien faire pour qu’il s’engage. Ne pas se contenter d’un débat, mais exiger un vrai débat. Attendre un vrai débat avant de faire quoi que ce soit. S’il n’y en a pas, c’est à cause de Noël Mamère (ou des militants). Les revendications empêchent un débat serein. Ne pas l’engager en période électorale, c’est un sujet trop grave (voir Fondements anthropologiques). Ne pas l’engager en période électorale, c’est un sujet trop futile (voir Anecdotique). Attendre l’été pour avoir un vrai débat. Ou la rentrée (mais elle s’annonce chargée). Le mariage gai, un faux débat.
Désobéissance civile : En Amérique, mouvement civique des Noirs : une cause noble. Pour le mariage de Bègles, parler plutôt d’illégalité : exiger le respect de la loi républicaine.
Différence des sexes : Culturelle et naturelle, bref anthropologique. Valeur républicaine. Universelle, butoir indépassable de la pensée, comme le jour et la nuit ; en tout cas, à ne pas dépasser ; du moins pas dans la culture française (voir Harmonie).
Droit à l’enfant : N’existe pas (sauf pour les hétérosexuels) ; lui opposer le droit des enfants. Les homosexuels qui veulent des enfants sont égoïstes ; les hétérosexuels qui veulent des enfants sont altruistes. Il est vrai que les homosexuels qui ne veulent pas d’enfants sont égoïstes aussi : ils ne vivent que pour la jouissance (voir Beurre).
Droit des enfants : Parler pour eux. Tous les experts le savent, les enfants ont besoin d’un père et d’une mère (les familles monoparentales et l’adoption par un célibataire, sujets délicats). Quand les enquêtes disent le contraire, s’inquiéter des effets à la 3ème génération, ou sinon à la 7ème.
Egalité : Etre pour, bien sûr, mais tant qu’on ne touche pas à la différence des sexes. Rappeler que d’ailleurs, historiquement, le mariage est au cœur de l’inégalité entre les sexes (voir Féministes).
Elections européennes : C’est le mariage homosexuel qui a empêché de s’y intéresser. La gauche s’est emparée du sujet faute d’idées sur l’Europe. Ou bien : la gauche a été distraite de ses idées sur l’Europe par ce faux débat. Raisonner de même sur les retraites, la Sécu, etc. Exemple : le mariage gai empêche de parler du voile islamique (un vrai sujet).
Espagne : Zapatero, un modèle pour la gauche française. Célébrer son féminisme, taire son projet d’ouvrir le mariage aux homosexuels.
Europe : Notre culture (voir Fondements anthropologiques). N’y appartiennent donc pas : les Pays-Bas et la Belgique, où le mariage gai est légal. Si la liste devait s’allonger (Suède, Espagne...), souligner que l’Europe n’a pas vocation à dissoudre les cultures nationales.
Expert : Psychanalyste (juriste, sociologue, journaliste, prêtre, ou autre) opposé à l’ouverture du mariage et de la filiation. S’il y est favorable, s’appelle un militant.
Féministes : Hier, toutes lesbiennes. Aujourd’hui, applaudir leur critique du mariage.
Fin du désir : Dès qu’on touche à la différence des sexes. A l’époque du pacs, en référence à l’hétérosexualité ; désormais, s’inquiéter aussi pour le désir homosexuel, qui n’est plus ce qu’il était.
Fin du monde : L’annoncer au cas où le pacs serait voté ; après le vote, ne plus en parler (éviter de dire : “ la fin du monde n’a pas eu lieu ”). Remplacé aujourd’hui par : Anecdotique.
Fondements anthropologiques de la culture : On dit plutôt désormais : Fondements anthropologiques de notre culture.
Fondements anthropologiques de notre culture : S’utilise quand des cultures voisines ont récemment changé de fondements anthropologiques. Voir Harmonie, et Europe.
Foucault (Michel) : Philosophe de la sexualité, très républicain, très pour la libération. Aurait bien ri de voir les gays revendiquer le mariage.
Gays : Souvent tristes (hier, de par leur marginalité ; en raison de leur conformisme aujourd’hui). Toujours misogynes. Vivent dans un ghetto.
Ghetto : Dénoncer le ghetto homosexuel (ex. : la Gay Pride). Si les gays en sortent, ironiser sur leur normalisation.
Guerre des sexes : Tradition américaine (voir par contraste Harmonie entre les sexes), héritage du puritanisme et du féminisme lesbien.
Harmonie entre les sexes : Exception française (voir Hétérosexualité), héritage de l’Ancien Régime, et donc valeur républicaine.
Hétérosexualité : Tradition française (Jacques Chirac), malgré des exceptions notables ; par contraste, les Anglais sont souvent homosexuels (Edith Cresson).
Homoparentalité : Les gays peuvent élever des enfants (pourquoi pas ?). Pas en adopter ! (voir Principe de précaution)
Homophobe : Dire : “ Je ne suis pas homophobe, mais... ”. Ou : “ On peut être contre le mariage des homosexuels sans être homophobe. La preuve ? Moi. ”
Homophobie : Aggravée par le mariage de Bègles (naguère, par la Gay Pride). Dès qu’on parle de mariage gai, se rappeler que la lutte contre l’homophobie est une priorité.
Homosexuels : Ne rien avoir contre eux. Se vanter de ses nombreux amis homosexuels (mais pas de ses enfants). Ils ont une face sombre. Les préférer discrets (hier) ; subversifs (aujourd’hui) : Genet, Mishima.
Intérêt de l’enfant : A l’égalité des droits, opposer l’intérêt de l’enfant. Ne s’applique pas au divorce (là, critiquer les usages conservateurs de cette notion).
Jospin (Lionel) : Il a eu le courage de dire tout haut ce que chacun pense tout bas ; il a eu le courage de s’opposer au nouveau “ politiquement correct ” (voir Bien-pensance). Appeler au retour de l’ancien Premier ministre socialiste (surtout si l’on est de droite).
Lesbiennes : Vivent en couples. N’ont pas besoin de loi pour faire des enfants, elles ! Le mariage, une revendication masculine, non ?
Liberté : Être pour (voire libertaire !), donc contre l’ouverture du mariage. S’oppose à l’égalité : les homosexuels sont d’autant plus libres qu’ils sont moins égaux.
Lobby : A cause du lobby homosexuel, on ne peut plus rien dire sans se faire traiter d’homophobe.
Mamère (Noël) : Maire vert médiatique. Le mariage de Bègles est électoraliste (tourisme gai dans la ville pendant la Fête de la morue). Provocateur quand il opte pour la désobéissance civile. Opportuniste quand il emprunte la voie parlementaire. Avoir le vrai courage de ne pas le soutenir quand il est sanctionné.
Mariage : Dire un bon mot (“ Il n’y a plus que les prêtres et les homosexuels pour vouloir se marier ”). Conformiste, petit-bourgeois (voir Foucault). Inégalitaire (voir Féministes). Les homosexuels sont bien bêtes de le réclamer ! Pour se faire peur, proposer d’abolir le mariage.
Médias : Ce sont les homosexuels qui contrôlent les médias.
Médiatiques (coups) : Dénoncer ceux des autres quand on ne parvient pas à intéresser les médias.
Militants : Partisans de l’égalité. Aveuglés par leur engagement (voir Terroristes). Heureusement, il y a face à eux des analystes lucides et impartiaux (voir Experts).
Minorités : Organisées en lobbies. Le vrai pouvoir. Se dire minoritaire, se croire majoritaire. Se poser en victime des minorités qui jouent du statut de victimes.
Norme : S’opposer au mariage, ce n’est pas défendre la norme hétérosexuelle, mais refuser la normalisation de nos amis homosexuels.
Opinion : L’opinion n’est pas prête. Si les sondages disent le contraire, dire haut et fort qu’il ne faut pas courir après l’opinion. Finir par courir après l’opinion (hier sur le pacs, aujourd’hui sur le mariage, demain sur l’adoption), la gauche un peu avant la droite - si possible.
Ordre symbolique (vieilli) : Voir différence des sexes (indémodable).
Pacs : Etre contre hier, pour aujourd’hui. S’interroger : “ Ils ont déjà le pacs, pourquoi demandent-ils le mariage ? ” Dénoncer le pacs parce qu’il légalise la répudiation (mais refuser le mariage qui permettrait le divorce). Prendre le temps d’évaluer le pacs (ignorer les évaluations qui existent).
Parenté : Fondement anthropologique de notre culture. Seuls les anthropologues y comprennent quelque chose ; n’est pas une affaire politique. Invoquer d’un air docte Claude Lévi-Strauss.
Parenté homosexuelle : Impensable au moment du pacs ; pensable aujourd’hui, car l’opinion a évolué. Pour autant, reste à penser (demande un vrai débat).
Politiciennes (manœuvres) : En politique, se dit de la politique des adversaires, et plus encore des concurrents du même bord : voir Médiatiques (coups).
Principe de précaution : S’applique aux OGM et aux enfants d’homosexuels. Renvoie à la sagesse de la nature (et des nations). L’homosexualité n’est plus contre-nature ; elle n’est pas pour autant naturelle. Ce n’est plus une maladie ; mais elle risque de rendre les enfants malades.
Priorité : Le mariage gai n’est pas une priorité. Ni par rapport aux autres revendications homosexuelles (la loi sur l’homophobie, un vrai sujet). Ni par rapport aux vrais enjeux de société (voir 21 avril).
Réac : Dire : “ Vous allez peut-être me trouver réac, mais... ” (et se montrer réac).
Repères : Notre société manque de repères. Et de pères.
Repères symboliques : Ce n’est pas le chômage qui a déstructuré la société ; c’est mai 68.
République : Le mariage républicain est universel ; il est donc interdit aux homosexuels (voir Communautarisme). S’indigner qu’ils violent la loi républicaine qui les exclut.
Revendication : Pour gagner du temps, dire d’abord : “ Pourquoi pas ? ” Puis : “ Pourquoi ? ” Les associations ne revendiquent pas le mariage. Les gays revendiquent le mariage, pas les lesbiennes. D’ailleurs, les gays ne veulent pas se marier (ajouter : “ j’en ai parlé autour de moi ”).
Royal (Ségolène) : L’annonce du mariage de Bègles est “ un peu paillettes ” (dixit notre Zapatera : voir Espagne) : c’est qu’il empêche de remarquer la poutre dans l’œil des socialistes français ?
Singer : Les homosexuels veulent singer le mariage hétéro : déplorer qu’ils aient renoncé à subvertir les normes les plus archaïques. Le mariage gai est une parodie : dénoncer cette dérision des normes les plus sacrées.
Terroristes : Ceux qui ne pensent pas comme vous (on disait naguère : staliniens). Refuser de débattre avec les terroristes, c’est prouver son sens démocratique.
21 avril : En tirer les leçons. Plutôt qu’aux homosexuels, s’intéresser au peuple, même s’il manque de repères. L’homosexualité est un luxe de privilégiés. L’homophobie est surtout répandue dans les milieux populaires, hélas encombrés d’idées reçues.
23 février 2005
Ce texte a été publié dans : Liberté, égalité, sexualités. Actualité politique des questions sexuelles (entretiens avec Clarisse Fabre), 2ème édition augmentée, 10/18, 2004 - un livre recommandé vivement par le collectif Les mots sont importants.
Textes de Eric Fassin
- Dictionnaire des idées reçues sur le mariage gai, Février 2005
samedi 12 mai 2007
Les Chrétiens et la sexualité au temps du SIDA

Par Lytta Basset - Éric Fassin - Timothy Radcliffe
Paru en : Mai 2007
15,00 € - Disponible - 144 pages
Collection « L'Histoire à vif »
Dans la longue histoire des théories et des pratiques chrétiennes face à la sexualité, le dernier quart de siècle, marqué par l'irruption du fléau du sida et par de rapides évolutions des mœurs, soulève des questions neuves. Tel est l'horizon des contributions de Lytta Basset, pasteur et psychanalyste en Suisse ; d'Éric Fassin, sociologue, de Paris ; de Timothy Radcliffe, ancien Maître de l'ordre des Dominicains, d'Oxford. Autour de leurs textes se déploient discussions, prises de positions et témoignages. L'ensemble ayant choisi de se limiter au monde occidental, un point de vue africain vient en écho, ouvrant d'autres perspectives.
Ce livre est né d'un colloque tenu en 2006 à La Villette, à Paris, organisé par Chrétiens & sida : cette association œcuménique, forte de quinze années de confrontation avec l'épidémie, désirait pousser ainsi la réflexion et la proposer à un large public. Elle n'offre pas ici quelque synthèse bien bouclée, mais une pensée en travail, à l'écoute de l'Évangile et de la tradition des Églises, comme de ce qui bouillonne en notre temps et que révèle de façon aiguë le sida, avec souvent beaucoup de souffrance et parfois beaucoup de sainteté.
Source : éditions du Cerf
mercredi 9 mai 2007
Première bénédiction d'un couple gay en Suisse

"Samedi dernier a eu lieu à Berne la première bénédiction d'un couple gay. Les deux hommes qui s'étaient unis civilement deux jours plus tôt, avaient réuni plus de 200 personnes pour l'occasion. La cérémonie s'est déroulée conformément aux statuts de l'Eglise réformée Berne-Jura-Soleure. La collecte réalisée lors de la bénédiction a été distribuée pour moitié à une oeuvre d'entraide protestante et pour l'autre à Pink Cross, l'association faîtière des gays en Suisse."
Source : Gayclic.com (09/05/07).
Homoparentalité sur France 3
Docu gay : Deux Papas à Manhattan
Grâce à Gayclic. com, vous pouvez voir ce documentaire de Philippe Baron, « Deux papas à Manhattan », diffusé le 27 avril dernier sur France 3. Ce film suit Tim et Peter, un couple gay qui va enfin concrétiser son désir d'enfant en faisant appel à une agence spécialisée pour trouver une mère porteuse et ainsi devenir parent... Très intéressant ! ça fait envie...
jeudi 3 mai 2007
Anatrella et ses pseudo-théories psychanalytiques
Cet article "tord le cou" aux pseudo-théories freudiennes de Mgr Tony Anatrella. Enfin des choses claires et nettes qui sont dites sur le fond de la pensée pseudo-psychanalytique de ce prétendu psychanalyste !
A lire également, les actes d'un colloque sur "Les chrétiens et la sexualité au temps du sida" (Cerf, 2007), avec en particulier deux conférences remarquables, celle du frère Timothy Radcliffe, dominicain, ancien Maître de l'Ordre, et celle d'Eric Fassin, sociologue à l'ENS de Paris :
Dans la longue histoire des théories et des pratiques chrétiennes face à la sexualité, le dernier quart de siècle, marqué par l'irruption du fléau du sida et par de rapides évolutions des mœurs, soulève des questions neuves. Tel est l'horizon des contributions de Lytta Basset, pasteur et psychanalyste en Suisse ; d'Éric Fassin, sociologue, de Paris ; de Timothy Radcliffe, ancien Maître de l'ordre des Dominicains, d'Oxford. Autour de leurs textes se déploient discussions, prises de positions et témoignages. L'ensemble ayant choisi de se limiter au monde occidental, un point de vue africain vient en écho, ouvrant d'autres perspectives.
Ce livre est né d'un colloque tenu en 2006 à La Villette, à Paris, organisé par Chrétiens & sida : cette association œcuménique, forte de quinze années de confrontation avec l'épidémie, désirait pousser ainsi la réflexion et la proposer à un large public. Elle n'offre pas ici quelque synthèse bien bouclée, mais une pensée en travail, à l'écoute de l'Évangile et de la tradition des Églises, comme de ce qui bouillonne en notre temps et que révèle de façon aiguë le sida, avec souvent beaucoup de souffrance et parfois beaucoup de sainteté.
Gayclic.com
Gayclic.com
Blog de l'actualité et de la culture gay.
Pour les anglophones, je signale aussi, découvert grâce à CathoGay, le site suivant :
Gay catholic forum.
Bonnes lectures !
mercredi 11 avril 2007
Téléfilm gay : Le ciel sur la tête
Rappel de l'histoire : Un week-end, Jérémy (Arnaud Binard) fait une visite surprise à ses parents (Bernard Le Coq et Charlotte de Turckheim). Au moment du départ, Jérémy se décide enfin à révéler le réel motif de sa visite : il est gay et a emménagé avec Marc, l'homme qu'il aime. Aussitôt son homosexualité avouée, il saute dans le train qui le ramène à Paris, laissant ses parents sous le choc...
Deux vidéos à voir : à gauche l'interview de Charlotte de Turckheim qui était l'invitée de Laurent Ruquier samedi soir dans l'émission On n'est pas couché et à droite la bande annonce du téléfilm. C'est sur le cite de Blog GayClic.com, un blog absolument génial !
Faut-il ouvrir le mariage aux couples de même sexe ?
La question révèle le chemin parcouru en dix ans. Lorsqu'en France s'engageait le débat sur le pacs on ne se demandait pas si l'ouverture du mariage et de la filiation aux couples de même sexe était souhaitable mais si elle était possible : on était encore dans l'impensable. L'hétérosexualité conjugale (pudiquement appelée la "différence des sexes") semblait la nature même des choses : on parlait d'un "ordre symbolique" intemporel, ou des "fondements anthropologiques de la culture". Or le pacs n'a pas entraîné la fin du monde, mais simplement d'un monde.
Puisque nos voisins européens franchissent le pas avant nous, on ne saurait d'ailleurs parler de lois éternelles de la culture - tout au plus de notre culture "franco-française". Bref, l'impensable d'hier apparaît aujourd'hui comme un impensé. La question n'est plus la loi d'une anthropologie religieuse, mais les lois démocratiques : non plus des vérités anhistoriques, mais des valeurs politiques. Aussi les candidats prennent-ils position et du coup, surgit dans la présidentielle un clivage entre droite et gauche, impossible tant qu'on était dans l'impensable. Pourquoi ouvrir le mariage ? Au nom d'une égale liberté, quelle que soit l'orientation sexuelle. La question s'inverse donc : pourquoi ne pas l'ouvrir ? Préserver nos institutions de l'homosexualité, n'est-ce pas fonder l'homophobie en droit ? Or quelles valeurs oppose-t-on encore à l'exigence démocratique ? Le refus de Nicolas Sarkozy montre son embarras : "Je ne prétends pas que j'ai raison, ce sont des convictions très profondes que j'ai en moi." Bref, pure opinion que justifie un aveu : "Je suis né hétérosexuel". Bref, je n'y peux rien, je suis ainsi. Non plus c'est la nature, mais c'est ma nature. Politiquement, c'est un peu court.
Catherine Labrusse-Riou, professeure à l'université Paris-I :
J'y suis opposée, comme juriste et comme citoyenne. Les tribunaux appelés à statuer sur le mariage homosexuel de Bègles l'ont annulé sur le fondement du code civil et de la Convention européenne des droits de l'homme. Dans toutes les sociétés, depuis des millénaires, le mariage est un contrat destiné à sceller l'alliance de l'homme et de la femme. De plus, il n'y a pas d'injustice à exclure les homosexuels du mariage parce qu'ils sont libres de vivre en communauté de vie organisée. L'indifférenciation des sexes dans le mariage repose sur une conception abstraite de l'égalité qui ne vaut pas pour le mariage : l'égalité des époux a été acquise à partir des années 1960 mais cette révolution silencieuse suppose justement la différence des sexes. Je crois que la consécration du mariage homosexuel serait de nature, à terme, à remettre en cause la structure même du droit de la famille basée sur la différence généalogique des lignes paternelle et maternelle. La déstructuration des institutions civiles de la famille me paraît dangereuse.
En tant que citoyenne, je me demande si le mariage homosexuel est exempt de risques politiques et sociaux affectant la conception de la République. En 1792, le mariage civil a réalisé l'unité des Français malgré leurs différences religieuses : ce fut un facteur de paix sociale. Si le mariage homosexuel était consacré par la loi, les grandes religions dotées d'un droit de la famille - catholique, juive, musulmane - pourraient demander que le mariage civil ne soit plus un préalable nécessaire à la célébration religieuse. Il y a là un risque de retour de l'autorité des droits religieux et de repli communautariste.
Propos recueillis par Anne Chemin.
Article paru dans l'édition du Monde du 11.04.07.
mardi 6 mars 2007
Paolo Meneguzzi - Musica


Cammino lungo la tua via
E il tempo sai non passa mai
Lontano da te la vita non è facile
Nel mio silenzio resterò
E finché respiro non avrò
Ti aspetterò lo sarò qui se tornerai
E poi sarai
Davanti a tutto tu
Combatterò per dirti che io credo in noi
Perchè per me lo sai sei musica nell'anima
E insieme a te non cadrò non cadrò
È per te che non mi stanco un attimo di vivere
Comunque andrà dentro di me tu vivrai
E suonerai.
Vorrei guardare gli occhi tuoi
E in ogni instante viverti
Sentire che tu resterai sempre con me
Da qui così
Il mio sentiero sarai tu
Mi porterai dentro di te se vorrai
Perchè per me lo sai sei musica nell'anima
Io senza te non vivrò non vivrò
È per te che il sole non finisce mai di splendere
Non smetterò di amarti mai dentro me
Tu suonerai.
Così sarai
Davanti a tutto tu
Combatterò per dirti che io credo in noi
Perchè per me lo sai sei musica nell'anima
E insieme a te non cadrò non cadrò
È per te che il sole non finisce mai di splendere
Comunque andrà dentro di me tu vivrai
E suonerai.

