lundi 29 janvier 2007

La répression des homosexuels en France et au Québec. Du bûcher à la mairie

Professeur au Département de criminologie de l’Université d’Ottawa, Patrice Corriveau détient un doctorat en sociologie de l’Université Picardie Jules Verne (France) et de l’Université Laval (Québec). Il a également occupé le poste d’analyste principal des politiques pénales du ministère de la Justice du Canada et collaboré à la publication de plusieurs livres.

En juin 1997, au cours d’une croisière sur le Saint-Laurent, Patrice Corriveau assiste aux mesquineries agressives « d’une bande de blancs-becs arrogants à la testostérone débordante envers un jeune homme au style vestimentaire un peu trop efféminé ». Pour la première fois, l’homophobie vient le frapper de plein fouet. Il décide alors d’entreprendre une longue étude qu’il consacre aux organes et au discours institutionnel au travers des filtres de l’appareil répressif, de la médecine, de la famille et de la religion, de l’antiquité gréco-romaine jusqu’à nos jours. S’ensuit également une comparaison de la situation entre la France et le Québec, du XVIIe siècle à aujourd’hui.
Issu d’une thèse universitaire et très richement documenté, cet ouvrage suit l’évolution de la répression juridique de l’homosexualité avec un souci évident de la précision. En effet, toutes les affirmations de l’auteur sont expliquées et démontrées avant de passer à l’aune de la contradiction et de déboucher sur une synthèse historiquement et juridiquement acceptable.
Le travail de Patrice Corriveau décortique la peur de l’homosexuel et la haine qu’elle engendre. C’est une véritable somme scientifique. Malgré son caractère ardu et l’apparence de complexité inhérent à ce type d’ouvrage, ce livre se laisse approcher et pénétrer facilement. L’auteur n’hésite pas à aborder toutes les questions y compris les plus gênantes, sans parti pris et avec rigueur. Il cherche à s’interroger de manière exhaustive, avant de se forger une conviction précise et étayée. Bref, une référence pour les chercheurs ou ceux qui veulent parfaitement maîtriser la question, et un excellent livre pour les autres.

Patrice Corriveau, La Répression des homosexuels au Québec et en France - Du bûcher à la mairie, éditions du Septentrion, Québec, 2006, 240 pages, 27.95 $.

Pour lire un extrait (introduction, annexes, table des matières, cliquez ici.

Pour commander : éditions septentrion.

mercredi 24 janvier 2007

Clarifications sur l'homosexualité dans la Bible

4ème de couverture, éditions du Cerf, 2006 :

"La Bible parle-t-elle de l'homosexualité ? Très peu ! Trois exégètes chrétiens, deux catholiques et un protestant, relèvent le défi de lire le texte biblique sans tabou ni préjugé et sans recourir à des interprétations personnelles ou ecclésiales.

Innocent Himbaza étudie les récits souvent cités dans les discussions sur l'homosexualité comme l'histoire de Sodome (Genèse 19), celle des hommes de Guivéa (Juges 19), l'amour entre Jonathan et David dont l'histoire est racontée dans les livres de Samuel.

Adrien Schenker relit les lois du Lévitique (18 et 20) et la règle de conduite qu'elles énoncent en les replaçant dans leur contexte immédiat. Il peut ainsi répondre à la question de savoir pourquoi la pratique de l'amour homosexuel est interdite par la loi de Moïse.

Le Nouveau Testament dit-il autre chose que l'Ancien ? Jean-Baptiste Edart étudie les textes de Paul sur les pratiques homosexuelles (Romains 1 ; 1 Corinthiens 6 ; 1 Timothée 1), puis se demande dans quelle mesure les évangiles peuvent intervenir dans le débat.

Ce livre, qui n'est pas un traité d'éthique sur l'homosexualité, entend seulement apporter quelques clarifications en montrant la portée de la Bible sur cette question."

Pour d'autres points de vue, on peut consulter le post "Bible et homosexualité" sur ce blog (daté du 12 juillet 2006).

lundi 22 janvier 2007

L'abbé Pierre est mort : "Santo subito !"

Il y a quelques jours, Cathogay évoquait pour nous l'anniversaire de la mort du secrétaire de l'abbé Pierre, Jacques Perotti.
Aujourd'hui, c'est celui qu'il a servi pendant 20 ans qui le rejoint parmi les nombreux saints du ciel... canonisés ou pas !

Réaction du Vatican le mardi 23 janvier 2007 :

« Informé du décès de l’abbé Pierre, le Saint-Père rend grâce pour son action en faveur des plus pauvres, par laquelle il a donné un témoignage de la charité qui nous vient du Christ. Il le confie à la miséricorde divine et demande au Seigneur d’accueillir dans la paix de son royaume ce prêtre qui a toute sa vie lutté contre la misère. En gage de réconfort et d’espérance, Sa Sainteté vous envoie de grand cœur, ainsi qu’à la famille du défunt, aux membres des Communautés d’Emmaüs et à toutes les personnes réunies pour la cérémonie d’adieu la Bénédiction Apostolique ».

Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’État de Sa Sainteté


PARIS (AFP), 08:06
© AFP
L'Abbé Pierre à son domicile, le 03 août 2005 à Alfortville
L'Abbé Pierre à son domicile, le 03 août 2005 à Alfortville

"L'abbé Pierre, fondateur des compagnons d'Emmaüs, résistant et ancien député, est décédé lundi à 05H25 à l'âge de 94 ans à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce où il était hospitalisé depuis une semaine, a annoncé le président d'Emmaüs France, Martin Hirsch.

"L'abbé Pierre est mort cette nuit à 5H25 au Val de Grâce entouré de quelques proches", a indiqué Martin Hirsch. "L'infection pulmonaire pour laquelle il avait été hospitalisé après une amélioration tout au long de la semaine l'a finalement emporté".

L'abbé Pierre, de son nom Henri Grouès, était hospitalisé depuis le 14 janvier. Il avait fondé la première communauté Emmaüs en 1949. En février 1954, il lança un appel resté célèbre sur les ondes de Radio-Luxembourg en faveur des sans-abri. Il fut longtemps la personnalité préférée des Français.

Le président Jacques Chirac s'est dit lundi matin "bouleversé" d'apprendre son décès estimant que "c'est toute la France qui est touchée au coeur". "Le président de la République est bouleversé d'apprendre le décès de l'abbé Pierre, pour lequel il éprouvait un immense respect et une profonde affection", a indiqué l'Elysée dans un communiqué.

L'abbé Pierre, de santé fragile du fait de ses 94 ans, vivait à Alfortville (Val-de-Marne) et faisait des contrôles de santé de plus en plus fréquemment. "Il était prévu que l'abbé Pierre soit hospitalisé pour un bilan de santé" mais son admission le 14 janvier au Val de Grâce avait été anticipée du fait d'"une petite infection", avait alors déclaré Martin Hirsch.

© AFP
L'Abbé Pierre à son arrivée en 1954 à l'Elysée à Paris
L'Abbé Pierre à son arrivée en 1954 à l'Elysée à Paris

L'abbé Pierre fut pendant un demi siècle l'infatigable et l'efficace pèlerin des démunis, des sans-toit et des sans-droits, un sacerdoce qui lui valut le soutien et l'admiration constants des Français. Le curé des pauvres restera dans le souvenir de ses contemporains cette frêle silhouette drapée dans sa soutane ou son long manteau noir, portant béret, canne et godillots. Le visage émacié à la barbe grise, il frappait par son regard brûlant, son espièglerie et sa véhémence convaincante.

Mystique, il choisit dès l'enfance son destin et son combat : la lutte contre la pauvreté. A 18 ans, il distribue son patrimoine hérité d'un père "soyeux" lyonnais à des oeuvres charitables et rejoint les Capucins, le plus pauvre des ordres mendiants. Résistant actif sous l'Occupation - où il adopte son pseudonyme - il choisit la politique à la Libération et est élu député chrétien-démocrate (MRP) de Meurthe-et-Moselle, jusqu'à sa démission en 1951. Il consacre ses indemnités parlementaires au financement des premières cités d'urgence.

© AFP
L'Abbé Pierre au milieu d'une famille de sans-abris, le 02 février 1954 à Paris
L'Abbé Pierre au milieu d'une famille de sans-abris, le 02 février 1954 à Paris

En 1949, il a l'idée de génie de créer la communauté Emmaüs fondée sur le principe de demander aux exclus de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins en récoltant les surplus des nantis, rompant ainsi avec la charité traditionnelle. Hiver 1954 : Une femme meurt de froid dans la rue. L'abbé lance un appel pathétique en faveur des sans-abri sur les ondes de Radio-Luxembourg qui suscite un gigantesque élan de solidarité. Le religieux comprend alors le poids des médias.

Sa vie n'est que fidélité à son action contre "le chancre de la pauvreté" et à sa méthode, les "coups de gueule" par voie de presse. "Les médias existent, il serait idiot de ne pas les utiliser", dit-il un jour avec candeur. Il aurait pu tenir le même raisonnement à propos des hommes politiques, qu'il bousculait, de quelque bord qu'ils soient, refusant toute récupération.

Revenu sur le devant la scène dans les années 80, il soutient Coluche et ses "Restaurants du coeur", martelant qu'"avoir faim à Paris est intolérable".

En 1994, quarante ans après son premier cri pour les sans-logis, l'abbé lance un nouvel appel, dirigeant sa colère non plus sur l'Etat, mais sur les maires des grandes villes, coupables d'impéritie en matière de logement des plus démunis. Tenace, il recommence en 2004. Toujours "sur le terrain", l'abbé soutient les occupations d'immeubles vides par les militant de l'association Droit au logement (DAL) ou par les Africains expulsés de l'église Saint-Ambroise à Paris en 1996.

Promu Grand officier de la Légion d'Honneur en 1992, il repousse cette distinction avec fracas - il ne l'acceptera qu'en 2001 - pour protester contre le refus du gouvernement d'attribuer des logements vides aux sans-logis, coup d'éclat qui contribue à faire appliquer la loi de réquisition.

Aucune souffrance ne le laissait indifférent : en 1993, il écrit au président Mitterrand pour réclamer une intervention militaire en Bosnie-Herzégovine, où, dit-il, "les limites du crime sont dépassées".

Trois ans plus tard, il provoque le désarroi chez ses proches en apportant son soutien au philosophe Roger Garaudy, auteur d'un livre révisionniste. Puis il s'explique et se repent.

Au soir de sa vie, le prêtre chiffonnier évoquait la mort comme "une impatience" : "La mort, c'est la sortie de l'ombre. J'en ai envie. Toute ma vie, j'ai souhaité mourir"."

vendredi 19 janvier 2007

Colloque "Sexualité et religions" - 20 janvier 2007

3e colloque du Réseau de Recherche Psychanalyse et Religion, organisé par l’équipe "Interactions de la psychanalyse"

20 janvier 2007, de 9h à 17h30 - Entrée libre

Grand amphithéâtre du CMME, Hôpital Sainte-Anne, 1 rue Cabanis (ou 100 rue de la Santé), 75014 Paris.

Colloque organisé par Sophie de Mijolla-Mellor et Véronique Donard

Intervenants : Fethi Benslama, Dominique de Courcelles, Véronique Donard, Philippe Gutton, Jean-Michel Hirt, Alain Houziaux, Véronique Margron, Sophie de Mijolla-Mellor, Jacques Scheuer, Jacques Sédat, Odon Vallet, Georges Zimra.

Argument

L’Eros désexualisé est au fondement de la relation d’amour du croyant à son Dieu et la pratique cultuelle de la sexualité faisait partie intégrante des rites dits païens de l’Antiquité et de la plupart des religions orientales. Car, sous une forme exaltée, sublimée, la relation sexuelle constitue le modèle même de l’alliance de l’humain et du divin et l’extase du plaisir n’est jamais loin de la transcendance. On ne s’étonnera pas que les religions aient eu à cœur de réglementer la sexualité - par exemple, en la prescrivant dans un sacrement comme le mariage -, en la limitant (interdit de la contraception, de l’homosexualité, de l’amour « libre ») ou en l’interdisant, dans certains cas, pour les servantes et les ministres du culte. Ainsi canalisé, le sexuel inspire et entraîne les passions religieuses sublimées, mais à quel prix et jusque dans quelles limites ? Des images de l’homme, de la femme et du désir se dégagent ainsi de cette présence du sexuel impossible à ignorer, leurs représentations mythiques, iconographiques le cas échéant sont révélatrices des options profondes et des sensibilités des diverses religions. Fidèle au principe de faire dialoguer psychanalyse et religions dans leurs expressions variées, ce troisième colloque du RRPR interrogera les renoncements et les passions qui animent l’expression du religieux et ses codifications.

Programme

Matinée présidée par Odon Vallet

Accueil : 8h30

1. Table ronde « Quel renoncement pour quel amour ? »
- 9h-9h30 : Alain Houziaux : Le renoncement à la chair aux origines du christianisme
- 9h30-10h : Jean-Michel Hirt : L’Amour à deux faces
- 10h-10h30 : Dialogue avec la salle animé par Fethi Benslama
- 10h30-10h45 : Pause

2. Table ronde « Mystique et sexualité »
- 10h45-11h15 : Véronique Donard : L’érotique du divin : désir et détachement
- 11h15-11h45 : Jacques Scheuer : Le cas Ramakrishna à la lumière de la tradition hindoue
- 11h45-12h30 : Débat avec la salle animé par Sophie de Mijolla-Mellor

Après-midi présidée par Sophie de Mijolla-Mellor

3. Table ronde « Pouvoir et sexualité »
- 14h-14h30 : Georges Zimra : Epouse de Dieu, maîtresse du diable. Amour courtois, mystique chrétienne et possession démoniaque
- 14h30-15h : Dominique de Courcelles : Le sang, l’amour et la mort des religieuses de Port-Royal
- 15h-15h30 : Dialogue avec la salle animé par Philippe Gutton
- 15h30-15h45 : Pause

4. Table ronde « Quel dialogue avec Rome ? »
- 15h45-16h15 : Odon Vallet : De la Bible à la position romaine : la question du célibat imposé et de l’homosexualité
- 16h15-16h45 : Véronique Margron : Pour l’Église catholique, se mêler de sexualité, pourquoi ?
- 16h45-17h30 : Débat avec la salle animé par Jacques Sédat.

J'y serai toute la journée.

jeudi 18 janvier 2007

"Vivere" de Vasco Rossi





Vivere
è passato tanto tempo
Vivere!
è un ricordo senza tempo
Vivere
è un po' come perder tempo
Vivere.....e Sorridere!.......
VIVERE!
è passato tanto tempo
VIVERE!
è un ricordo senza tempo
VIVERE!
è un po' come perder tempo
VIVERE....e Sorridere dei guai
così come non hai fatto mai
e poi pensare che domani sarà sempre meglio
OGGI NON HO TEMPO
OGGI VOGLIO STARE SPENTO!

Vivere!
e sperare di star meglio
Vivere
e non essere mai contento
Vivere
come stare sempre al vento
VIVERE!......COME RIDERE!!!

VIVERE!
anche se sei morto dentro
VIVERE!
e devi essere sempre contento!
VIVERE!
è come un comandamento
VIVERE..... o SOPRAVVIVERE....
senza perdersi d'animo mai
e combattere e lottare contro tutto contro!.....
OGGI NON HO TEMPO
OGGI VOGLIO STARE SPENTO!.....

VIVERE
e sperare di star meglio
VIVERE VIVERE
e non essere mai contento
VIVERE VIVERE
e restare sempre al vento a
VIVERE.....e sorridere dei guai
proprio (così) come non hai fatto mai
e pensare che domani sarà sempre meglio!!!!!


Vivre,
il s'est passé tant de temps.
Vivre,
c'est un souvenir éternel.
Vivre,
c'est un peu comme perdre du temps
vivre... et sourire !
VIVRE,
il s'est passé tant de temps.
Vivre,
c'est un souvenir éternel.
vivre
c'est un peu comme perdre du temps
vivre... et Sourire des ennuis
ainsi comme tu n'as jamais fait
et puis toujours penser que demain sera toujours mieux (demain sera un autre jour ?)
AUJOURD'HUI JE N'AI PAS LE TEMPS
AUJOURD'HUI JE VEUX RESTER ETEINT (en paix)

Vivre
et espérer aller mieux.
Vivre
et n'être jamais content
Vivre
comme rester toujours au vent.
Vivre... comme rire

Vivre,
même si tu es mort à l'intérieur.
Vivre,
et tu dois être toujours content.
Vivre,
c'est comme un commandement.
Vivre... ou survivre
sans jamais perdre son âme
et combattre et lutter contre tout contre !!!

AUJOURD'HUI JE N'AI PAS LE TEMPS
AUJOURD'HUI JE VEUX RESTER ETEINT

Vivre,
et espérer aller mieux.
Vivre
et n'être jamais content.
Vivre, vivre,
et rester toujours au vent à
vivre et sourire de tous les problèmes
vraiment (comme ça) comme tu n'as jamais fait
et puis penser que demain sera toujours meilleur!

La matrice de la race

Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française d'Elsa Dorlin (La Découverte, septembre 2006, 303 p., 27 euros) :

Elsa Dorlin est maître de conférences en philosophie à Paris-I. Ses travaux portent sur l’histoire de la médecine, les théories féministes et la production du racisme.

En résumé :

"Au XVIIe siècle, les discours médicaux affligent le corps des femmes de milles maux: suffocation, descente de la matrice, hystérie, fureur utérine. Le sain et le malsain fonctionnent alors comme des catégories de pouvoir, fabriquant l'inégalité entre sexes. Aux Amériques, les premiers naturalistes prennent alors modèle sur la différence sexuelle pour élaborer le concept de « race » : les Indiens Caraïbes ou les esclaves déportés seraient des populations au tempérament pathogène, efféminé et faible. Puis, au début du XVIIIe siècle, c'est le souci de la santé et la crainte du dépeuplement qui pousse les médecins à promouvoir le modèle d'une femme saine et maternelle, opposée aux figures d'une féminité 'dégénérée' et qu'incarnera l'esclave africaine. Au croisement de la philosophie, des études sur le genre et de la science politique, Elsa Dorlin analyse comment les enjeux politiques sont articulés à la définition du genre, de la sexualité et de la race. Dans cet ouvrage, elle donne à comprendre en quoi le modèle d'une figure féminine saine et maternelle a déterminé la conception de la race et du racisme à l'oeuvre lorsque la nation française s'engageait dans l'esclavage et la colonisation. L'auteure montre ainsi comment on est passé de la définition d'un « tempérament de sexe » à celle d'un « tempérament de race ». La Nation prend littéralement corps dans le modèle féminin de la « mère », blanche, saine et maternelle, opposée aux figures d'une féminité « dégénérée » – la sorcière, la vaporeuse, la vivandière hommasse, la nymphomane, la tribade et l'esclave africaine. Il apparaît ainsi que le sexe et la race participent d'une même matrice au moment où la Nation française s'engage dans l'esclavage et la colonisation."

Table des matières :

Préface - Intdocution - I / Les maladies des femmes - 1. Le tempérament - La fabrique du sexe - Les philosophies de l'égalité des sexes - 2. La maladie a-t-elle un sexe ? - Engorgées, suffoquées, obsédées - L'hystérie : protée ou chimère ? - 3. Des corps mutants : prostituées, Africaines et tribades - Un précédent : les « mules du démon » - Furieuses et fricatrices - 4. Fureur et châtiments - De la fureur à la nymphomanie - Reféminiser les Européennes - II / L'engendrement de la nation - 5. Les vapeurs de la lutte des classes - Les vigoureuses paysannes : un modèle transitoire de santé - Domestiques nymphomanes et bourgeoises hystériques - 6. La naissance de la « mère » - L'élaboration d'un concept de santé féminine - La rhétorique féministe des médecins natalistes - 7. Épistémologie historique des savoirs obstétriques - Matrones et sages-femmes - Secrets des femmes vs science obstétrique - 8. Le lait, le sang, le sol - Une démiurgie monstrueuse : les nourrices - Du dépeuplement à la dégénérescence - Hybridité des peuples et marchés aux esclaves - III / La fabrique de la race - 9. La Nation à l'épreuve des colonies - La question de l'autochtonie - Du corps colonial au corps national - 10. Généalogie du racisme - L'émergence du concept moderne de la race - Du tempérament de sexe au tempérament de race - 11. Les « maladies des nègres » - Médecine coloniale et médecine esclave - L'esclavage, un régime de santé - De la pathologisation à la racialisation - Épilogue : Défaire la race - Bibliographie - Index des notions.

Extraits de presse :


« A lire une autre spécialiste de l'histoire du rascisme, Elsa Dorlin, maître de conférences en philosophie à l'université Paris 1, les premières "indigénes de la République" seraient d'abord bel et bien les femmes. Pour argument, son dernier ouvrage, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française ( La Découverte, 2006), où elle tente de décrypter en quoi les discours sur le genre et la race se modélisent l'un par rapport à l'autre. »
L'HUMANITE

« La matrice de la race est une étude qui, dans la lignée du Black Feminism américain (dont Angela Davis est l'une des principales théoriciennes) se donne pour projet de réfléchir sur les rapports entre sexe et race. »
TETU

« Premier livre d'une nouvelle collection consacrée aux "genre et sexualité" aux éditions La Découverte, l'ouvrage d'Elsa Dorlin offre un exemple brillant et érudit de la raison d'être de leur étude. »
POLITIS

« ... l'ampleur de sa documentation et la puissance de ses analyses feront assurément de ce livre la matrice féconde d'un renouveau de la réflexion, tant sur le plan théorique que politique. »
LE NOUVEL OBSERVATEUR

« ... un bel esai signé Elsa Dorlin. »
LE MONDE

« Michel Foucault avait naguère montré que le sexe était moins une donnée anatomique qu'une construction sociale. Maître de conférences en philosophie à Paris 1, Elsa Dorlin révèle comment la naissance de la nation au XIXème siècle hérite des curieuses représentations du corps de la femme et de l'indigène. »
LE QUOTIDIEN DU MEDECIN

« Avec La matrice de la race, généaloge sexuelle et coloniale de la nation française, les éditions La Découverte lancent leur collection genre et sexualité, première en France à faire directement écho aux gender studies américaines, champ d'étude transdisciplinairequi entend traquer les inégalités sexuelles dans les moindres recoins des dictionnaires. »
CHRONIC'ART

mercredi 17 janvier 2007

Italie : les protestants critiquent le poids de l'Eglise dans la politique

"L'Eglise vaudoise, principale branche de la minorité protestante en Italie, a reproché à l'Eglise catholique sa volonté de toujours se placer "au centre" des débats de société au mépris de la laïcité de l'Etat, dans un communiqué.
"L'Eglise catholique considère que la laïcité de la République italienne est "saine" dans la mesure où celle-ci lui reconnaît cette place centrale (...) et dit non au PaCS, à une loi sur l'euthanasie et ainsi se suite",
accuse la commission bioéthique de l'Eglise vaudoise.
"Face à cette prétention catholique, le gouvernement et les parlementaires, sauf de rares exceptions, n'osent plus s'exprimer sur ces sujets",
ajoute-t-elle, alors que la majorité parlementaire et le gouvernement de gauche peinent à concrétiser leur promesse électorale de légaliser les "unions de faits"."

L'Eglise catholique et le "genre"

Info. trouvée sur la blogosphère :

"Selon un sondage récent, 51% des français seulement se déclarent catholiques.

A ce sujet le Père Madelin, qui est aussi un sociologue réputé, déclare dans les colonnes du Figaro : "Je pense que la société fait aussi payer à l’Eglise le monopole de la régence sur les consciences, longtemps exercée".

On ne saurait mieux dire.

Le néo-intransigeantisme actuel, désireux de revenir à un état de choses passées semble s’aveugler sur les réactions néfastes qu’il susciterait de toute façon, même à court terme.

Au sujet de la posture défensive adoptée par l’institution catholique sur un certain nombre de questions disputées et délicates (il cite l’homoparentalité et la question du genre masculin et féminin), le Père Madelin met juste en garde : "Si nous continuons sur ce chemin, la foi catholique pratiquée va devenir une contre-culture".

L’épiscopat a bien mis en place une commission de travail sur la question du "genre", présidée par Mgr Jean-Louis Bruguès, l’évêque d’Angers, mais malheureusement pas dans le sens d’une réforme de ses propres certitudes affichées en la matière..."

Mgr André Vingt-Trois

Info. trouvée sur la blogosphère :

"Cela s’appelle faire feu de tout bois.

Parfois, en certaines circonstances, il y a là un signe d’habileté. Parfois, au contraire, certaines exploitations atteignent l’indécence. C’est le cas en particulier lorsqu’on exploite au service d’une vision idéologique un drame humain, individuel ou social.

Lors de son sermon de Noël, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, semble avoir franchi la ligne rouge. En effet, il a cru pouvoir se permettre de se référer au drame vécu par de nombreux SDF pour entonner un refrain sempiternel totalement hors de propos. La situation des "miséreux" (terme désuet, sinon ridicule, serait dû à son avis à la "culture libertine" qui règne actuellement et à la confusion qui régnerait au sujet de la notion de famille.

Le mariage homosexuel cela fait des clochards au bout du compte, c’est bien connu."

mardi 16 janvier 2007

Ichtus

Dans un post récent, CathoGay signale "un article qui constate que, curieusement, le fameux poisson (ichtus en grec) est en train de devenir un signe majeur des homosexuels catholiques et surtout de la pastorale auprès des minorités sexuelles. Et, tout comme l'auteur de l'article, je trouve aussi qu'il y a quelque chose du symbole providentiel à ce que le signe des premiers chrétiens, qui étaient connus comme les pisciculi (littéralement: les petits poissons ou fretins), du temps de la persécution et des catacombes, devienne de plus en plus le signe des catholiques homosexuels... Une initiative qui date de 1984 et qui provient de l'archidiocèse de Los Angeles, avec la création du premier "vicariat" destiné aux homosexuels catholiques".

lundi 15 janvier 2007

Manifestation au Vatican pour la reconnaissance des couples homosexuels

Les défenseurs des unions entre personnes de même sexe ont manifesté samedi place Saint-Pierre au Vatican pour dénoncer l'opposition de l'Eglise catholique à la légalisation des couples homosexuels.

200 personnes environ (40 l'année passée) ont manifesté à l'appel de l'organisation italienne de défense des droits des LGBT Arcigay. Elles commémoraient, comme chaque année, le suicide du poète sicilien homosexuel, Alfredo Ormando, qui s'était immolé il y a 10 ans place Saint-Pierre pour dénoncer l'homophobie de l'Eglise catholique.

Plusieurs membres de la manifestation portaient des drapeaux gay et des banderoles de protestation condamnant notamment l'ingérence permanente du pape dans la politique italienne sur le dossier des unions de fait et réclamant au plus vite le vote du statut promis par le gouvernement Prodi.
"Les interventions papales sont quasi-quotidiennes, elles frisent l'obsession", a-t-il déclaré le leader d'Arcigay. Or, a-t-il ajouté, "le Parlement doit discuter de ce sujet en toute liberté, sans pressions du Vatican, et décider en toute indépendance comme tout Parlement souverain d'un Etat laïc".

Jeudi encore, le pape Benoît XVI a réaffirmé devant le maire de Rome son opposition au projet de reconnaissance des union civile: "Les projets qui visent à accorder à d'autres formes d'union (que le mariage) une reconnaissance juridique (...) paraissent dangereux et contreproductifs, car ils conduiront inévitablement à affaiblir et à destabiliser la famille légitime fondée sur le mariage", a-t-il déclaré. Le pape a fait cette déclaration à l'occasion d'une audience accordée au maire de Rome Walter Veltroni, importante figure de la gauche italienne, et aux élus de la région du Latium également dirigée par la gauche, alors que plusieurs propositions de loi sur les unions civiles ont été déposées par la gauche au Parlement.

Le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi, écartelé entre courants laïque et catholique, n'est pour sa part pas parvenu pour l'instant à se mettre d'accord sur un projet. La pression de l'Eglise catholique est très forte sur les courants issus de la Démocratie chrétienne pour leur faire abandonner toute idée de légiférer.

La commission justice du Sénat italien a entamé mercredi l'examen de propositions de loi sur cette reconnaissance juridique, premier pas vers l'adoption d'une législation promise par le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi.

Il y a un an, voici ce qu'on pouvait lire à peu près à la même date :

"Une quarantaine de personnes se sont rassemblées vendredi place Saint-Pierre au Vatican pour protester contre les propos de Benoît XVI condamnant les unions civiles, homosexuelles et hétérosexuelles, a indiqué à l'AFP Franco Grillini, député de gauche et responsable de l'association Arcigay.Le pape a qualifié jeudi de "grave erreur" le fait "d'obscurcir la valeur et les fonctions de la famille légitime fondée sur le mariage, en attribuant à d'autres formes d'union des reconnaissances juridiques dont l'exigence sociale n'est pas une vraie réalité"."L'Eglise catholique repousse encore une fois le PACS, et on ne comprend pas bien pourquoi elle s'ingère ainsi dans la politique italienne", a dénoncé M. Grillini, député du principal parti d'opposition DS (démocrates de gauche) et un des responsables de la première association italienne de défense des homosexuels, Arcigay.Benoît XVI a fait ces déclarations alors qu'il recevait des responsables politiques locaux de la région du Latium, de la province et de la commune de Rome."Nous manifestons également pour protester contre l'homophobie de toutes les religions monothéistes", a tenu à souligner Franco Grillini.Les manifestants ont par ailleurs rendu un hommage à Alfredo Ormando, un Italien de 39 ans qui s'était immolé par le feu place Saint-Pierre le 13 janvier 1998 pour dénoncer l'attitude de l'Eglise envers les homosexuels.Samedi à Rome, des milliers de personnes sont attendues pour manifester en faveur de l'instauration en Italie d'un Pacs à la française. A cette occasion, un magistrat de la cour de cassation célébrera symboliquement l'union d'une dizaine d'élus politiques italiens (Source : La Croix, 16/01/2006)."

samedi 30 décembre 2006

Stéphane Clerget : On ne naît ni homo, ni hétéro

Médecin psychiatre et pédopsychiatre, Stéphane Clerget est à la fois chercheur et clinicien. Il travaille notamment sur la construction de l’identité sexuée chez l’enfant. Il revient pour "Illico" sur "Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel ?", le premier ouvrage qu’il consacre à l’homosexualité. Comment vous est venue l’idée de consacrer, à votre tour, un ouvrage à ce sujet ? Qu’apporte-t-il de nouveau ?

On trouve dans de nombreux ouvrages généralistes relatifs à la sexualité le chapitre convenu sur les "causes" ou les "origines" de l’homosexualité. Les réponses sont habituellement toutes aussi convenues. Chez les anglo-saxons, il est question du gène ou des hormones qui clôt toute réflexion. Or l’analyse des études montre qu’il n’y a pas de vérité génétique ni hormonale des préférences sexuelles. Chez nous, on en est surtout resté aux tout premiers écrits freudiens, mal interprétés de surcroît, et il est alors question pour les homos masculins de narcissisme, de perversion ou d’un excès de mère associé à une carence paternelle. Quant à l’homosexualité féminine, c’est encore plus lapidaire. D’autres part, les écrits sur le sujet prennent rapidement une dimension idéologique qui parasite la réflexion. Le simple fait que l’on questionne sur les "causes" de l’homosexualité sans se questionner sur celles de l’hétérosexualité démontre un a priori sur l’homosexualité, qui serait, sinon pathologique, du moins issue d’une déviance par rapport à un développement hétérosexuel qui irait de soi. Ce livre est, je crois, le premier à proposer un regard approfondi et synthétique sur la question en mêlant les approches psychologiques, médicales, historiques, sociologiques, ethnologiques, c’est-à-dire des points de vue complémentaires et qui se trouvent être convergents dans
l’affirmation du caractère essentiellement acquis de notre orientation
sexuelle. Il apporte aussi un regard neuf en tenant compte des recherches génétiques de ces quinze dernières années, et des avancées toutes récentes en neurobiologie. Enfin il est nourri des résultats de mes observations personnelles dans le cadre de psychanalyses d’enfants et d’adolescents. Les avancées actuelles en psychanalyse doivent beaucoup aux psychanalystes d’enfants.

Dans votre livre, vous avez choisi de convoquer de nombreuses disciplines (l’histoire, l’ethnologie, l’éthologie …) assez éloignées de la médecine, de la psychologie… Pourquoi un tel choix ? Est-ce par crainte d’enfermer votre propos dans un discours trop médical qui susciterait le rejet ?

Si une crainte était à l’origine de ce choix, ce n’était pas celle d’un hypothétique rejet mais plutôt celle que mon regard fût incomplet. Mais en effet, une approche purement médicale ou psychiatrique de l’homosexualité préjugerait de son caractère pathologique. La sexualité et l’amour chez l’homme ne sont la chasse gardée ni des médecins, ni des poètes. Ils ont leurs places dans chacun de ces champs d’études. C’est par l’ensemble des sciences humaines que l’on peut prétendre approcher de la vérité humaine. A la différence des animaux, notre sexualité est surtout dans la tête en raison de l’importance de notre néocortex. Et la dimension culturelle illustrée par l’approche historique, ethnologique ou sociologique influence la perception que chacun a de sa propre sexualité et de celle des autres, et participe à son orientation. L’environnement social et culturel donne des modèles et des voies possibles ou non, en fonction de notre apparence et de notre statut. Le regard des historiens rappelle la relativité des représentations sociales. Ainsi ai-je été surpris de découvrir qu’il a existé pendant des siècles un ancêtre de PACS au moyen age nommé le contrat d’affrèrement.

Votre ouvrage, d’entrée de jeu, affirme qu’on "ne naît pas homo mais qu’on le devient". Vous étayez cette thèse en faisant le point sur les dernières découvertes en neurobiologie ou en génétique avec des arguments qui semblent imparables. Comment expliquez-vous que de nombreux homosexuels et lesbiennes, à chaque génération, soutiennent encore la thèse que leur orientation sexuelle est innée ?

Si d'entrée de jeu j’affirme que l’on devient homo, c’est parce que je donne d’emblée le résultat de mes recherches. Je ne suis pas parti d’un a priori. J'affirme aussi, et ce n'est pas anodin, que l'on ne naît pas hétéro. Mais les réactions que j’ai recueillies autour de ce travail vont dans le sens de ce que vous dites. En effet des homos réagissent mal à l’idée du caractère acquis de leurs préférences sexuelles. Leurs parents aussi d’ailleurs qui se croient coupables d’avoir mal fait. C’est peut-être pour soutenir leurs parents que ces homosexuels défendent la thèse de l’inné. La réponse génétique a l’avantage d’être simple. Elle permet à ceux qui n’aiment pas se prendre la tête d’éviter de se poser des questions sur leur développement personnel. Homo ou hétéro que craint-on dans l’idée du caractère acquis ? Sans doute de perdre ses certitudes. L’idée qu’on aurait pu être différent réveille l’inquiétante perspective qu’on pourrait devenir quelqu’un d’autre. Et notre conscience de soi n’aime guère les jeux de miroir. Il y a des désirs qu’on a refoulés, homo ou hétéro et on n’a pas envie d’un retour du refoulé. Mais la principale raison est, je crois le jugement défavorable, quand ce n’est pas franchement hostile, qui continue d’être porté sur l’homosexualité. Et partant de là, le caractère acquis fait croire qu’il y a eu une malfaçon dans la construction de leur identité. "Revendiquer" le caractère inné est alors une façon de revendiquer dans leur construction l’absence de "faute", de "déviance" ou de "péché" au nom de quoi violence est faite à l’encontre des homos. Si l’homosexualité, comme cela le fut en d’autres cultures, n’était pas considérée de façon péjorative, peu importeraient aux personnes concernées le caractère acquis ou inné de son origine. Mais, dans mon livre, je montre que le caractère acquis de l’homosexualité n’implique pas un accident de parcours ou une déviation dans le développement. C’est acquis comme l’est par exemple le langage. Il y a différentes façons de s’exprimer aussi normales les unes que les autres. Bien sûr il existe des troubles du langage comme il y a des troubles du développement psycho-sexuel mais ils concernent autant les homos que les hétéros. Futurs homos ou hétéros nous passons tous par les mêmes stades de développement. Apprentissages, expériences, rencontres nous sont plus ou moins communes. Mais si l’on fait le même voyage, on en garde pas tous le même souvenir. Notre orientation sexuelle est la synthèse de ces souvenirs.

Votre livre, qui est respectueux des homosexuels, défend l’idée que l’homosexualité est en très grande part acquise. Or c’est justement en référence à cette idée (l’homosexualité est un choix) que de nombreux opposants aux revendications des homosexuels leur contestent le droit à une égalité sociale et juridique. Quel est votre avis et que pensez-vous de l’utilisation ainsi faite de cet argument ?

Le caractère acquis de l’homosexualité n’en fait pas un choix volontaire et conscient. On ne décide pas un beau matin de devenir homosexuel. Mais l’enfant a une part active dans ce qu’il deviendra, ne serait ce que dans ses choix d’identifications, dans ses choix de réaliser tel désir conscient ou non d’un parent, dans ses choix relationnels, dans ses renoncements aussi. Si l’orientation sexuelle est en partie la conséquence de certains de ces choix, c’est une conséquence indirecte.
Quand vous parlez des revendications a une égalité sociale et juridique, je pense que vous parlez de l’égalité de droits des couples (union civile, adoption, succession). Quand bien même l’homosexualité résulterait d’un choix volontaire et conscient. En quoi cela justifierait-il que des couples homos n’aient pas des droits équivalents aux couples hétéros. Le désir homosexuel ou le renoncement à l’hétérosexualité n’est pas synonyme du renoncement à former un couple. Devenir homosexuel est simplement le désir d’accomplir ce "nous-même" avec un autre de son sexe. De même le désir hétérosexuel ou le renoncement à l’homosexualité n’implique pas de renoncer à former des amitiés avec des personnes de son sexe. Quant au désir d’élever des enfants, il est indépendant de l’orientation sexuelle. Il n’y a pas habituellement de renoncement à la procréation ou à la parentalité dans l’origine du désir homosexuel. D’ailleurs le fantasme de procréation peut être présent dans l’inconscient de personnes de même sexe qui font l’amour.
Ce discours des "opposants" que l’on pourrait résumer par "les homos veulent le beurre et l’argent du beurre" est probablement tenu par ceux là même qui ont renoncé amèrement au cours de leur développement à des désirs homos afin de s’assurer la réalisation de leur vœu à fonder une famille. Le constat que des personnes cherchent à réaliser ces deux types de désirs (désir homos et famille) suscitent en eux l’envie, terreau de la haine.

Vous présentez très longuement les développements modernes de la psychanalyse sur la question de la sexualité et par conséquent de l’homosexualité. A tel point qu’on peut penser que cette discipline, qui n’est pas une science, a plus d’importance encore (pour expliquer que nous ne naissons pas homosexuels) que la neurobiologie, la génétique… Est-ce ce que vous pensez ? Et dans ce cas, n’y a-t-il pas un problème à privilégier ainsi une discipline qui a très largement contribué à ostraciser les homosexuels ?

Les théories neurobiologiques sont peut-être plus faciles à résumer que la psychanalyse où il faut faire davantage attention au poids des mots. Quoi qu’il en soit, l’abord neurobiologique me fait également conclure au caractère essentiellement acquis de l’homosexualité. N’oublions pas que les premiers psychanalystes se sont élevés contre le concept de dégénérescence mentale prôné depuis un siècle à propos de l’homosexualité. Freud refusait de la considérer comme une maladie ou un délit. Certes par la suite, beaucoup de psychanalystes ont remplacé la "dégénérescence" par la perversion, le trouble de personnalité voire la psychose. Pourtant la psychanalyse reste un formidable moyen de compréhension de fonctionnement humain et est surtout un outil très performant pour libérer les individus de leurs entraves psychiques. Mais c’est un art difficile et le meilleur des outils n’est capable de rien sans bon artisan. Hélas, l’épouvantable homophobie sociale et individuelle dans l’occident du XXe siècle n’a pas contaminé que les psychanalystes. Vous savez, les neurobiologistes n’ont pas été les derniers à ostraciser les homosexuels. Jusqu’au milieu du XXe siècle
les traitements hormonaux, les castrations, les lobotomies (ablation d’une partie du cerveau), les chocs électriques, les épilepsies provoquées ont été allègrement utilisés pour "guérir" les individus de leur homosexualité considérée comme la résultante d’un problème neurobiologique. Si j'ai développé davantage la partie consacrée à la psychanalyse par rapport aux autres disciplines c'est qu'il me fallait argumenter avec précision des conceptions psychanalytiques innovantes qui donnent une interprétation autre de l'homosexualité. Et qui vont en effet à contre courant avec les interprétations psychanalytiques erronées, discriminatoires ou pathologisantes qui ont été avancées jusqu'à présent.

D’après votre expérience de médecin et de thérapeute, estimez-vous qu’il est important ou non pour les gays et les lesbiennes de comprendre pourquoi ils sont homosexuels ou elles sont lesbiennes ?

Non. Sauf si eux-mêmes le considèrent. Mais pour se libérer de certaines entraves à un épanouissement personnel ou simplement par curiosité, on peut être conduit à se questionner sur soi, son fonctionnement, et donc sur son histoire personnelle et familiale. Chemin faisant, on croisera certainement alors certains fondements à nos désirs, entrelacés avec les piliers de notre personnalité. Ce peut être aussi l’occasion, pour certains, de réaliser qu’être homosexuel n’est pas une anomalie de développement. Savoir qui l’on est et comment on le devient peut nous apaiser et nous rendre plus fort. Dans les faits, beaucoup d’homos s’interrogent. Ce qui pourrait être
important en revanche c’est que les hétéros se posent au moins une fois la question sur l’origine de leur propres choix et renoncements, ne serait-ce que pour réaliser que les homos et les hétéros ont bien plus de points communs que de différences.

Dans votre conclusion, vous expliquez qu’il ne faut pas confondre l’orientation sexuelle (être homo, hétéro, bi ou autre) et l’identité sexuelle (être homme ou femme). Vous indiquez que la nomination de l’orientation sexuelle n’est rien moins qu’un "étiquetage social" amené à évoluer. Par quels moyens, peut-on le faire évoluer ? Est-il souhaitable qu’il disparaisse ?

Si j’ai en effet conclu là-dessus, c’est pour passer le relais à autrui. Je vous rétrocède donc la question. La vision de l’homosexualité varie d’une culture à une autre. Chez nous, jusqu’à il y a deux siècles, les comportements érotiques de chacun, condamnés ou non, ne conféraient pas une identité. Votre journal, des mouvements associatifs, des politiques, vos lecteurs contribuent, je crois, à faire avancer la réflexion sur la façon dont on pourrait faire évoluer cet étiquetage social afin que les personnes concernées vivent en paix avec eux-mêmes et avec les autres. Si cet étiquetage disparaissait, l’orientation sexuelle d’un individu aurait socialement autant d’importance que la couleur de ses yeux. La question qui se poserait alors serait simplement de savoir si on a envie ou non de plonger son regard dans le sien.

"Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel ?"


On ne naît pas homo ou hétéro, on le devient", telle est la thèse conduite par Stéphane Clerget pour qui "nos préférences sexuelles, et leurs combinaisons dans une orientation hétéro ou homosexuelle, sont le fruit d’une évolution personnelle progressive. Elles s’acquièrent." Pour autant, Stéphane Clerget qui est médecin (chercheur et clinicien) ne conteste pas qu’une part de "l’innée existe" car "en amont de notre histoire individuelle, nous avons une préhistoire, représentée par notre capital physique et génétique." Mais, rajoute l’auteur : "nos préférences sexuelles, notre identité sexuelle s’affirment, pour l’essentiel, au fil de notre évolution personnelle". L’auteur en veut pour preuve que toutes les tentatives d’expliquer l’origine de l’homosexualité par la génétique ou la biologie ont échoué. Bien que médecin, Stéphane Clerget a compris qu’il y avait danger à n’enfermer son propos que du seul point de vue médical. Aussi a-t-il pris soin de l’élargir à d’autres disciplines : histoire, sociologie, éthologie, sociobiologie, l’anthropologie, etc. C’est d’ailleurs une des grandes qualités de l’ouvrage que de proposer une approche pluridisciplinaire de cette question montrant ainsi la variété des explications possibles et la complexité d’un phénomène : la détermination de l’orientation sexuelle. Du coup, les explications psychologisantes (père absent, mère dominatrice) cèdent le pas à des affirmations plus convaincantes et innovantes. Humain dans son approche (l’auteur affiche un net respect des homosexuels), cet essai est particulièrement bien construit et bien conduit. Il laisse cependant une très (trop) grande place au discours psychanalytique dont depuis les travaux de Didier Eribon, on connaît les limites et les défauts.

Stéphane Clerget, "Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel ?", éditions Jean-Claude Lattès.

Parents et homosexuels : une redéfinition de l'ordre symbolique

Michel Tort, psychanalyste, et professeur à l'université Paris 7, se préoccupe depuis longtemps des questions concernant la sexualité et la parentalité. Depuis 75, il réfléchit aux rapports entre la pratique de l'analyse et ce qui se passe à l'extérieur, en lien avec l'espace social.
Dans le cadre de son intervention à l'occasion des débathèmes de l'APGL (
Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens) en l'an 2000, Michel Tort entendait dénoncer les positions traditionnelles sur la question de l'homoparentalité et faire un sort à l'article très alarmiste de JP. Winter " Des enfants symboliquement modifiés " paru dans le Monde des Débats.

De cet article, une lecture critique a été faite, véritable commentaire de texte dont on a pu retenir les moments suivants :

Winter reprend au compte de la psychanalyse et au nom du respect des normes, la citation vitaliste de Shopenhauer selon lequel l'homme est appelé à vivre et se reproduire.
Mais Michel Tort rappelle qu'il n'y a pas de reproduction pour les humains. Le recours à l'espèce s'invalide du seul fait que nul homme n'a jamais fait commerce d'amour aux seules fins de perpétuer l'espèce. Au fond, il n'y a de reproduction que du point de vue de ce qu'il appelle la " pastorisation " où les hommes, pareils à des brebis, ont besoin d'être dirigés. Dans ce cadre là seulement, on est fondé à parler d'espèce, s'agissant de l'homme. Michel Tort dénonce ici l'émanation d'un biologisme spontané chrétien.

Sa critique vise un argument récurrent dans lequel on peut distinguer deux moments :

  • Il est d'abord supposé nécessaire à la santé psychique de l'enfant qu'il puisse, avant même d'accéder au langage, se représenter un couple fécond. Sans cela, comment pourra-t-on lui répondre quand il demandera comment viennent les enfants ?
  • Il est ensuite rappelé que si on ne permet pas la constitution de la différence anatomique des sexes, on est alors dans le désaveu pervers.

Ces deux moments s'articulent lorsqu'on procède sciemment à une opération qui empêche de se représenter la différence des sexes, précipitant l'enfant dans le désaveu pervers. C'est le cas de l'homoparentalité.
Or, il se trouve que cet argument repose sur deux suppositions douteuses, l'une que l'on pourrait organiser la perversion, l'autre que l'on aurait les moyens d'empêcher la représentation de la différence des sexes.
D'autre part, toujours selon Winter l'instrumentalisation du tiers par exemple témoignerait d'une exclusion qui laisserait des traces dans le psychisme de l'enfant.
Selon Michel Tort, un tel rejet de tout ce qui n'est pas conforme, et la dramatisation des effets qui en résultent, tient pour réglé un problème qui mérite pourtant qu'on s'y attarde : la vraie question n'est pas celle de la norme à maintenir comme seule salutaire mais celle de la position des sujets par rapport à l'artifice au cœur des dispositifs actuels par lesquels s'opèrent de nouvelles formes, de parentalité supposant des aménagements (par exemple l'IAD).
Il existe déjà, rappelle Michel Tort, des conceptions de parentalité élargie qui pose tout autrement le problème de l'homoparentalité.
Revenant sur le problème de l'organisation psychique d'un enfant élevé dans un contexte d'homoparentalité, Michel Tort précise qu'on n'empêche pas un enfant de fantasmer, quelle que soit la configuration conjugale.
Le fantasme est une production de l'activité psychique qui ne dépend pas d'ingrédients extérieurs. Ce n'est donc pas l'homoparentalité en tant que telle qui pourrait provoquer des troubles psychiques mais la façon dont les enfants arrivent dans les familles. Selon Michel Tort, il y a deux institutions qui fonctionnent en pervertissant les principes du fonctionnement psychique : il s'agit de l'IAD et de l'accouchement sous X qui présentent ce travers de laisser un sujet dans l'impossibilité d'accéder à ses origines. Ces dispositifs qui tentent d'imiter le naturel, de le rejoindre ne sont pas à laisser prospérer pour le sujet (sic).
Ce ne sont pas les seuls aménagements. A ceux-là, il convient de préférer des organisations moins naturelles et plus sociales. Au fond, il n'y a aucune raison pour qu'il n'y ait qu'un seul père ou qu'une seule mère. On pourrait imaginer des degrés, un partage de la parentalité sans être amené à cette partition entre le géniteur gamète et un parent social et symbolique mais il semble que nous manquions d'imagination.

Michel Tort entend dénoncer le caractère séparateur d'une psychanalyse dominée par la solution paternelle. Or, cela est bien antérieur à la psychanalyse, purement émané de l'organisation sociale historique et on peut bien s'interroger sur cette solidarité entre la psychanalyse et la société. Il y a deux sortes d'énoncés psychanalytiques :

  • ceux qui sont indépendants de l'idéologie ;
  • ceux qui sont contaminés par telle ou telle forme d'organisation familiale.

Or, si elle est ainsi assujettie aux idéologies, la psychanalyse ne peut plus analyser les fantasmes sociaux, entreprise à quoi elle doit s'appliquer et à laquelle elle est bien utile.
Selon lui, la majorité des interventions des analystes sur ces sujets ne sont pas psychanalytiques. Elles témoignent de positions systématiques et ne répondent pas aux exigences qu'en tant qu'analyste, on peut avoir par rapport à la production d'énoncés : si on raisonnait de cette façon dans la cure et l'ensemble de la théorisation, on n'obtiendrait aucun résultat. On assiste à une dérive de l'analyse quand la psychanalyse se solidarise avec l'organisation historique de la famille. Les configurations classiques n'ont pas à servir de base à l'analyse mais bien plutôt s'y prêter : dans le discours, quels sont les fantasmes qui continuent de circuler ?

Michel Tort voudra essentiellement souligner que pour un analyste, sur cette question de parentalité, il ne s'agit pas simplement de dire " voici ce qui est bon pour être parents " mais de se demander à quoi on peut servir pour l'analyse des fantasmes qui circulent dans notre société.
Dans sa diatribe contre l'école lacanienne, Michel Tort dénonce le fait de prêter au symbolique, dont la psychanalyse fait son mot d'ordre, les caractères d'un ordre justement qui serait universel, qui
échapperait à l'histoire. Le symbolique, comme le droit est aussi historique. Mais le droit, comme le symbolique, est pourvu d'un parfum d'éternité qui le fait prendre pour un ordre symbolique.
Au fond, ce qui est en question dans nos débats a une dimension proprement politique : à travers l'homoparentalité, c'est de conception qu'il s'agit, de ce que les sujets en tant que citoyens veulent comme parentalité. En ce sens, c'est normal qu'il y ait controverse. De fait, le sujet ne se poserait pas s'il n'y avait pas un certain nombre de sujets qui revendique des droits au nom de certains principes. Mais comment accepter que son souci d'être de bons parents soit divisé, c'est à dire objet d'un enjeu politique? Mais il y a aussi un risque de sacrifier l'enjeu de fond au bénéfice du souci légitime d'être ces bons parents.

Cette différence est renforcée parce qu'on oppose deux plans :

  • celui des traditionalistes catholiques, assez marginal somme toute, représenté par Anatrella, très loin de la psychanalyse. La véritable position traditionaliste est plutôt modérée, s'inspirant à la fois de la sociologie, de l'anthropologie, avec sans doute un brin d'histoire.
  • celle des identitaristes de gauche radicaux.

C'est grâce à eux si la question de la parentalité est posée et pas seulement grâce à notre être spontané d'homoparents. Ce sont eux qui nous réunissent contre l'ensemble d'un système qui manipule la référence à la différence des sexes et pose l'ordre symbolique comme un ordre universel, idéologie fondée sur la foi en un universel anthropologique.
Au contraire, faut-il considérer que l'homosexualité, le rapport au même n'est pas une négation de la différence des sexes puisqu'elle en relève : dans l'espace même de la différence des sexes, il existe l'homosexualité.

L'homoparentalité est une organisation particulière mais donc pas une négation de la différence des sexes.

Source : http://www.apgl.asso.fr/documents/dt_200003.htm

dimanche 30 juillet 2006

Vacances


Absent jusqu'au 3 septembre, je souhaite à tous un beau mois d'août, et d'excellentes vacances à ceux qui pourront en prendre dans les semaines à venir !...

samedi 22 juillet 2006

Tous appelés à la même sainteté

"L'Eglise sainte, de par l'institution divine, est organisée et dirigée suivant une variété merveilleuse. "Car, de même qu'en un seul corps nous avons plusieurs membres et que tous les membres n'ont pas tous même fonction, ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ, étant chacun pour sa part, membres les uns des autres" ( Rm 12,4-5 ).

Il n'y a donc qu'un peuple de Dieu choisi par lui: "Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême" ( Ep 4,5 ). Commune est la dignité des membres du fait de leur régénération dans le Christ ; commune la grâce d'adoption filiale ; commune la vocation à la perfection ; il n'y a qu'un salut, une espérance, une charité sans division. Il n'y a donc, dans le Christ et dans l'Eglise, aucune inégalité qui viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe, car "il n'y a ni homme ni femme, vous n'êtes tous qu'un dans le Christ Jésus" ( Ga 3,28 grec ; cf. Col 3,11 ).

Si donc, dans l'Eglise, tous ne marchent pas par le même chemin, tous, cependant, sont appelés à la sainteté et ont reçu à titre égal la foi qui introduit dans la justice de Dieu (cf. 2P 1,1 ). (...) Ainsi, dans la diversité même, tous rendent témoignage de l'admirable unité qui règne dans le Corps du Christ: en effet, la diversité même des grâces, des ministères et des opérations contribue à lier les fils de Dieu en un tout. Car "tout cela c'est l'oeuvre d'un seul et même Esprit" ( 1Co 12,11 )."

Source : Concile Vatican II, Lumen gentium (1964), § 32.


Bonne fête de sainte Marie-Madeleine à tous !...

jeudi 20 juillet 2006

Mr Gay Vatican City

Pour rire un peu (c'est l'été, voire les vacances pour certains...), voici ce que j'ai trouvé en surfant "par hasard" sur un blog :


Francesco Gallo, Mr. Gay Vatican City, est l'un des 20 délégués internationaux pour la Gay Competition qui a lieu à Palm Springs du 26 au 29 octobre 2006. Francesco est né à Rome et vit habituellement à Los Angeles. Il est architecte et parle quatre langues dont sa langue maternelle l'italien. Il est allé à l'université La Sapienza à Rome et a fait l'Ecole des Beaux-Arts à Paris. Il est actuellement architecte et designer. Ses passions : la photographie, le Beach volley, la cuisine, les langues.

A votre avis, a-t-il des chances de remporter la compétition ?!... Benoît XVI pourrait peut-être en faire son nouveau secrétaire, même si l'actuel est déjà pas mal ; mais celui-ci serait sans doute plus... "détendu" ! ;-)

mercredi 19 juillet 2006

Sainte Capote, protègez-nous !


Sainte Capote : la Cour de cassation se prononce en faveur de Aides

"Saisi par l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), le tribunal correctionnel avait condamné le président de l'antenne de Aides à Toulouse et la coordinatrice départementale (lire Quotidien du 26 mars 2004) pour une campagne locale de prévention. Cette décision avait été confirmée par la cour d'appel de Toulouse qui avait jugé que l'image dénaturée d'une religieuse associée à l'expression «Sainte Capote» et à un dessin de préservatif pouvait avoir pour effet de «créer un amalgame provocateur et de mauvais goût ayant pu être ressenti comme une offense envers la communauté catholique». La Cour de cassation vient de rendre public le jugement du 14 février 2006 dans lequel elle indique que même s'il a pu heurter certains catholiques, le visuel «n'excède pas les limites admissibles de la liberté d'expression», soulignant que «la cour d'appel a méconnu le sens et la portée des propos incriminés». Elle précise notamment que l'association, «humoristique et dénuée de toute malveillance», d'une image de religieuse à la lutte contre le sida «sous le vocable "Sainte Capote protège-nous" […], n'était pas constitutive d'une injure envers une catégorie déterminée de personnes». «C'est une belle victoire pour la lutte contre le sida», se félicite l'association Aides" (Jérôme Gac).

Source : tetu.com

Homophobie



Sans aller jusqu'en Iran, voici quelques questions/réponses trouvées sur le forum de Yahoo (Francophonie). Par exemple :

"L'homosexualité ne serait ce pas une maladie comme le choléra ou autre chose de ce type?"

Réponse d'une internaute :
"L'homosexualité était classée dans les perversions sexuelles dans le DSM-3 (classification des maladies en psycho), mais en a été retirée sous la trop forte pression des lobbies américains regroupant en très grande proportion artistes en tout genre, industriels,... C'est marrant d'ailleurs, avec de l'argent et de la notoriété, on obtient tout. Enfin tant qu'il y a des moutons... Pour moi, je m'en tiens à mes anciens maîtres, c'est une perversion.
Sources : mes études."

Heureusement les autres réponses étaient beaucoup plus sensées, et la plupart renvoyaient l'auteur de la question chez le... médecin!

Autre question :
"Laquelle entre l'homosexualité et l'homophobie est une maladie ? Car je trouve que l'homophobie est un mot inventé par les homo pour se défendre contre ceux qui sont contre leurs pratiques."

Autre question :
"Pourquoi dans Q/R [Questions/Réponses de Yahoo] il y a une catégorie à part "Homosexuel, bisexuel, et transgenre"? Ne serait ce pas une ségrégation (pas necessairement négative) ?"

Une des réponses :
"Moi je me pose aussi cette question car si Yahoo Q/R était basé dans mon pays, je suis sûr que cette catégorie n'y serait pas car ici, les homo et les trans n'existent que dans leur lit. Si on n'a pas une culture générale supérieure à la normale on ne peut pas savoir que cette histoire peut exister sous les nuages sans attirer la foudre. Dieu est clément !!!!!!! Je pense que je suis homophobe (Dieu merci !!!!)"

Dernière question :
"Pourquoi l'homosexualité pose t-elle un problème dans notre sociéte? J'ai beaucoup d'amis homo et la majeure partie d'entres eux ont peur de se montrer, de faire voir qu'ils s'aiment, qu'ils sont ensemble. Ce n'est quand même pas une maladie contagieuse. Dans certains pays, tu peux être condamné à mort parce que tu es homo, c'est quoi ça????????"

Sur 19 réponses à cette question actuellement, en voici quelques-unes :
"Car c dégoutant , c contre toutes les religions , toi par exemple , (si tu es une fille ) peux- tu coucher avec une autre fille ???? Si ton frère ou ton fils sont des homosexuels, tu vas les soutenir, les aider????? Réponds à cette question avec ta logique et tu vas savoir pourquoi l'homosexualité pose un problème."

"ça vient sans doute du fait que si toute la population devenait homo ( ou une partie suffisante pour qu'il y es plus de mort que de naissance ), en une génération (ou deux ?) il n'y aurait plus de société humaine... et la société s'en protège comme elle peut."

"Les autre pays on s'en fou!!!! Si on était tous homo il faudrait procréer in vitro et en plus cloner!!! Quelle horreur tous ces pédés et gouines, je sais plus où j'habite MOA!!!!"

"L'homosexualité ne pose pas problème mais c'est elle-même le problème parce qu'elle réduit la sexualité à un simple "faux" plaisir dû au frottement des organes génitaux (et/ou non génitaux) et tous les vivants qui n'en sont pas devraient s'insurger contre cela. Elle est pour la procréation ce qu'un vomitorium était pour la nutrition. J'ai vraiment pitié des homo parce qu'ils sont des victimes d'un laisser-aller sexuel des sociétés qui les hébergent. Je m'acharne contre ces sociétés qui ne font rien pour les aider à s'en sortir par "respect de la dignité humaine". Dans la vie, toute personne humaine se trompe au moins une fois : en ce cas la réaction de son entourage est positivement ou négativement déterminante. On ne doit surtout pas se moquer d'une personne qui se trompe. L'erreur est humaine mais c'est inhumain d'encourager quelqu'un dans l'erreur. Sûrement que beaucoup d'entre eux pourraient s'en sortir et retrouver leur sexualité normale si l'aide qui leur est offerte par leur société n'était pas inversée. "pour éviter des ennuis, laissons-le dans ses ennuis", quel mauvais slogan !"

Et j'en passe, et des meilleures !...
Dieu merci, il y avait quelques réponses sensées, là aussi, qui élevaient le niveau ; par exemple :
"Le rapport de l'homme à la sexualité a toujours été des plus compliqués. L'homosexualité renvoie les gens à leur propre sexualité, leurs frustrations, leurs fantasmes refoulés, leurs complexes... Elle remet en avant toute une partie intime de leur vie qu'ils n'arrivent pas forcément toujours à gérer, et, même si c'est le cas, qu’ils trouvent indécent d’afficher en public. Ce n’est pas forcément facile de ne pas associer orientation et pratiques sexuelles.Et puis il y a des données sociales et historiques.
Les religions, dont un des rôles à l’origine est de sauvegarder la société, d’y dicter des lois et d’y maintenir une cohésion, ont forcément toujours condamné l’homosexualité, cette pratique marginale. En plus de cela, un de leurs buts est quand même de peupler la terre de plein de petits croyants voués à leur Dieu. Et vu que les religions ne sont pas réputées pour leur finesse, l’homosexualité trimballe du coup un sacré passif.
Dans une société qui n’est pas en grande forme, on a toujours tendance à rejeter ce qui n’est pas comme nous. Or, de nos jours, la sexualité a une place importante dans notre monde, l’orientation sexuelle devient de facto un critère d’exclusion.
Enfin, les gens ont besoin de repères, surtout quand ils vivent dans une époque qui leur échappe. Par paresse, bêtise, ignorance, éducation ou autres, deux de ces repères sont au fondement de leur idée du couple :
-La nature (ou du moins la vision qu’ils en ont), car elle justifie leur place sur la terre et qu’elle a quelque chose de rassurant, de simple et d’ancestral, or le mâle est fait pour s’accoupler avec la femelle.
-La famille (ou du moins la famille telle qu’ils se l’imaginent), car elle représente la stabilité, l’époque bénie où ils n’avaient pas besoin de se poser de questions, le fantasme d’une vie réussie, et qui se construit autour d’une figure patriarcale et matriarcale bien définie, avec tout un tas de petits marmots blonds qui courent, rient et se chamaillent. Bref, ce n’est évidemment qu’un début de réponse, on pourrait en parler des heures et de manière moins caricaturale, j’imagine, mais j’espère que ça répond un peu à ta question."

Ma question : Croyez-vous que les auteurs de certaines réponses nous penderaient aujourd'hui, si c'était possible en France, comme cela l'est encore malheureusement en Iran ?
Peut-être auraient-ils une préférence pour le bûcher, sait-on jamais ?!...