dimanche 17 janvier 2010

Le Vatican opposé à la pénalisation de l'homosexualité

Le père Bene, au nom du Saint-Siège, a affirmé que le Vatican était opposé à la pénalisation de l'homosexualité, lors du « side event », en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies le 10 décembre dernier, événement co-organisé par la France et quelques autres pays. Voici le texte de son intervention :

Mr. Moderator,
Thank you for convening this panel discussion and for providing the opportunity to hear some very serious concerns raised this afternoon. My comments are more in the form of a statement rather than a question.
As stated during the debate of the General Assembly last year, the Holy See continues to oppose all grave violations of human rights against homosexual persons, such as the use of the death penalty, torture and other cruel, inhuman and degrading punishment. The Holy See also opposes all forms of violence and unjust discrimination against homosexual persons, including discriminatory penal legislation which undermines the inherent dignity of the human person.
As raised by some of the panelists today, the murder and abuse of homosexual persons are to be confronted on all levels, especially when such violence is perpetrated by the State. While the Holy See’s position on the concepts of sexual orientation and gender identity remains well known, we continue to call on all States and individuals to respect the rights of all persons and to work to promote their inherent dignity and worth.
Thank you, Mr. Moderator.


Cette déclaration fait suite à celle exprimée, un an plus tôt, le 18 décembre 2008, après la "Déclaration sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre" faite par la France. Voici le texte intégral de cette déclaration de la délégation du Saint-Siège, lors de la 63e Assemblée générale des Nations Unies :

Le Saint-Siège apprécie les efforts faits dans la « Déclaration des droits humains, orientation sexuelle et identité de genre », présentée à l'assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2008, pour condamner toutes les formes de violence à l'égard des personnes homosexuelles, et exhorter vivement les États à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à toutes les sanctions pénales à leur encontre.
Dans le même temps, le Saint-Siège note que la formulation de cette Déclaration va bien au-delà de l'intention susmentionnée et partagée.
En particulier, les catégories « orientation sexuelle » et « identité de genre », utilisées dans le texte, ne trouvent pas de reconnaissance ou de définition claire et faisant l'objet d'un accord dans le droit international. Si celles-ci devaient être prises en considération dans la proclamation et dans la mise en pratique des droits fondamentaux, elles seraient la cause d'un sérieux flou juridique, et elles affaibliraient la capacité des États à adopter et à mettre en place les conventions et normes nouvelles ou déjà existantes, en matière de droits humains.
Malgré le fait que la déclaration condamne, à juste titre, toutes les formes de violence contre les personnes homosexuelles et affirme le devoir de les protéger contre ces formes de violence, le document, analysé dans sa totalité, va au-delà de cet objectif et donne au contraire naissance à un flou juridique et remet en question les règles existantes sur les droits humains.
Voir Zenit.

[Rappel : ROME, Mardi 2 décembre 2008 : Le Saint-Siège, en désaccord avec la proposition française à l'ONU sur l'homosexualité, réaffirme en même temps son opposition à toute discrimination contre les personnes homosexuelles.

Le P. Federico Lombardi a réagi à la suite d'une interview à Reuters de l'observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU à New York, Mgr Celestino Migliore.

Le P. Lombardi rappelle l'inviolabilité de la vie et de la dignité de la personne humaine en disant : « Evidemment, personne ne veut défendre la peine de mort pour les homosexuels, comme d'aucuns voudraient le faire croire. Les principes bien connus de respect des droits fondamentaux de la personne et du refus de toute discrimination injuste - qui sont sanctionnés en lettres claires par le Catéchisme de l'Eglise catholique même - excluent évidemment non seulement la peine de mort, mais toutes les législations pénales violentes ou discriminatoires vis-à-vis des homosexuels ».

Le cardinal Georges Marie Cottier, op, alors théologien de la Maison pontificale avait insisté sur ce point en l'an 2000 dans un entretien très clair et nuancé au quotidien de la conférence des évêques italiens, « Avvenire » (cf. Zenit du 2 juillet 2000).

Mais le P. Lombardi explique que l'enjeu du vote à l'ONU était ailleurs. « Ici, il s'agit d'autre chose, a-t-il fait observer. Pas seulement de « dépénalisation de l'homosexualité », comme on l'a écrit, mais d'introduire une déclaration de valeur politique, pouvant se refléter dans des mécanismes de contrôle en vertu desquels toute norme (pas seulement légale, mais aussi relative à la vie des groupes sociaux ou religieux) qui ne met pas sur le même plan toute orientation sexuelle, peut être considérée comme contraire au respect des droits de l'homme ».

« Cela, a souligné le P. Lombardi, peut clairement devenir un instrument de pression ou de discrimination vis-à-vis de qui - pour prendre un exemple - considère le mariage entre un homme et une femme comme la forme fondamentale et originaire de la vie sociale, et en tant que tel comme devant être privilégiée ».

Le P. Lombardi fait également remarquer que « le Saint-Siège n'est pas seul » : « moins de 50 » Etats membres de l'ONU ont adhéré à cette proposition, tandis que « plus de 150 » ne l'ont pas fait.

Source : Zenit.org]


En 1992, Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger avaient publié "Certaines considération concernant la réponse à des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles" , texte dans lequel ils affirmaient : "Dans certains domaines, tenir compte de la tendance sexuelle n'est pas une discrimination injuste, par exemple dans le placement des enfants à adopter ou leur mise en garde, dans l'engagement d'enseignants et d'entraîneur sportifs et dans le recrutement militaire."

mercredi 9 décembre 2009

Dépénalisation de l'homosexualité

Lu dans la Revue d'éthique et de théologie morale de mars 2009 :

"La France et le Vatican ont connu récemment un heurt diplomatique qui assombrit un peu le ciel sans nuages des relations entre les deux Etats depuis l’élection sur le Siège de Pierre du cardinal Joseph Ratzinger et celle de Nicolas Sarkozy à la tête d’une Ve République, pas moins semper reformanda que ne l’est l’Église. La laïcité positive apparaît comme le nouvel emblème de cette République, le nouveau slogan en voie de dogmatisation, peut-être, destiné à bousculer les vieux clivages de la société française depuis la séparation de 1905.

C’est la proposition française, faite à l’ONU par Rama Yade, de dépénalisation de l’homosexualité qui a jeté le trouble et déclenché la réaction défavorable du Vatican, qui y voit un cheval de Troie : dépénaliser l’homosexualité ouvre la porte ipso facto à l’application tant redoutée des thèses gender, à savoir, en l’occurrence, le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par des couples de même sexe. La laïcité positive se gripperait-elle pour la première fois, au point, si besoin, de se désolidariser de la secrétaire d’État chargée de ladite proposition ?

Cette scène éthique est suffisamment intéressante pour que nous tentions de l’objectiver au mieux, tant le débat peut être passionné sur de tels sujets.

De nombreuses théories éthiques, pas vraiment compatibles les unes avec les autres, peuvent permettre d’évaluer le conflit autour de la proposition de loi française. Un peu comme Monsieur Jourdain, il n’est pas impossible que, dans nos raisonnements, de part et d’autre, nous empruntions sans le savoir à des systèmes éthiques variés, voire contradictoires. Qu’est-ce qui meut, in fine, la décision de soutenir ou non la proposition française ?

Du côté de Rome, on comprend très bien la crainte d’ouvrir par cette loi la boîte de Pandore rendant à peu près tout possible : une proposition de loi légitime, parce qu’elle vise à dépénaliser l’homosexualité, peut inclure, dans une logique argumentative du tout ou rien, d’autres questions d’éthique familiale – homoparentalité – que l’on est forcé d’accepter en votant la loi au risque, si on ne le fait pas, de passer pour totalement rétrograde.

Pourtant, décider de tout bloquer, sans rompre radicalement avec des idéologies totalitaires ou en lien avec quelques États musulmans extrémistes, c’est maintenir, de fait, nombre d’injustices et de discriminations envers les personnes homosexuelles humiliées, injuriées, punies jusqu’à la peine de mort. Le Catéchisme de l’Église catholique, portant l’enseignement du Magistère sur cette question, ne permet pas que de tels actes soient justifiés en aucune manière. Le Vatican vient de le rappeler dans le même temps qu’il choisit de bloquer la proposition de loi française, ce qui n’est pas sans risque au titre même du Catéchisme de l’Église catholique, qu’il ne faudrait pas relativiser. Tels sont, à peu près, sans trop forcer le trait, les termes du débat.

Du coup, l’issue éthique que nous formulons, à titre de piste de recherche, ne serait-elle pas la contre-proposition suivante : le Vatican proposerait lui-même à l’ONU, sur la base des convictions éthiques qui l’animent, la dépénalisation générale de l’homosexualité dans un texte simple et clair qui ne ferait pas droit dans sa rédaction au tout ou rien. Cette façon de faire aurait, sans doute, un impact de crédibilité majeur sur les consciences des hommes et des femmes de bonne volonté. Elle permettrait aussi, dans la pleine fidélité à l’enseignement de l’Église sur l’égale dignité des personnes sauvées par le Christ et, plus particulièrement, sur l’égale dignité des baptisés, de sortir des oppositions binaires hyper-réductrices exploitées par les media : pour ou contre la dépénalisation.

Le crédibilité : mieux vaut ne pas trop la sous-estimer en ces temps médiatiques !Le pape Jean-Paul II avait le don de définir lui-même pour les média l’heure où il leur fallait communiquer sur ce que vivait l’Église. Nous ne pouvons pas, à présent, nous en défier à ce point !

Si l’Église est crédible du côté du respecte de la personne homosexuelle, elle le sera aussi du côté de la reconnaissance des infamies de la Shoah. Historiquement, ces deux questions étaient quasiment ramenées à une seule par les bourreaux nazis, la haine de l’étranger, du « Unheimlich » !

De nos jours, c’est ainsi : la forme fait le fond. on peut et on doit le regretter. mais on ne saurait l’ignorer. En d’autres termes, ne pas de défier de la crédibilité pour libérer la foi est l’urgence éthique de nos Églises."

(Revue d'éthique et de théologie morale, Cerf, mars 2009, n° 253, pp. 5-6).

mardi 30 décembre 2008

Les homosexuels dénoncent les attaques du pape contre la théorie du genre

Le pape Benoît XVI a heurté de front les homosexuels avec un discours de fin d'année présentant la confusion des sexes comme une menace aussi grave pour la survie de l'humanité que les changements climatiques. La nouvelle charge du pape contre ce qu'il présente comme une négation de la sacro-sainte "loi naturelle" a suscité de vives critiques parmi les associations et personnalités homosexuelles, en Italie comme à l'étranger.

Elle a été d'autant plus mal perçue qu'elle intervenait juste après le refus par le Vatican de s'associer à l'appel à la dépénalisation universelle de l'homosexualité lancé le 18 décembre de l'ONU par 66 pays.

C'est par une critique de la théorie du "genre" que Benoît XVI a abordé le sujet lundi devant un parterre de cardinaux et de prélats réunis au Vatican pour son traditionnel discours de fin d'année.

Cette théorie, née aux Etats-Unis dans les années 1970, aujourd'hui défendue en Europe par les associations homosexuelles et certains courants féministes, établit une distinction entre l'appartenance biologique à tel ou tel sexe et l'identité réelle de la personne.

Elle est dénoncée de longue date par les évêques américains et les commissions spécialisées du Vatican, mais c'est la première fois que Benoît XVI en parle explicitement.

"L'ordre de la création" est remis en cause par "ce que l'on désigne communément par le terme 'gender'", a-t-il déploré.

Il a ajouté que l'Eglise catholique avait pour tâche de rappeler la "loi naturelle" établie par Dieu pour "protéger l'homme contre sa propre destruction", comme elle défend "la terre, l'eau et l'air" des menaces écologiques.

"Si les forêts tropicales méritent notre protection, l'homme (...) ne la mérite pas moins", a-t-il résumé avant de plaider une fois de plus pour le mariage, "lien de toute la vie entre un homme et une femme".

"Le monde traverse une crise économique gigantesque", et à la veille de Noël "les gens ont besoin d'une parole de réconfort", a réagi la députée italienne de gauche Paola Concia, un défenseur des homosexuels, dans une lettre ouverte à Benoît XVI.

"Cela vous paraît vraiment opportun de parler de 'gender' à tous ces pauvres gens réduits au chômage ou en situation précaire, qui ne savent même pas ce que cela veut dire", demande-t-elle.

"Il s'agit de la énième attaque homophobe de ce pape", a déclaré à l'AFP Gustav Hofer, co-réalisateur du documentaire "Soudain l'hiver dernier" sur la vie d'un couple homosexuel en Italie.

"Le Vatican parle de l'homosexualité ou de la transsexualité comme si c'était un caprice, jamais une souffrance", dénonce-t-il, ajoutant que l'Eglise catholique "réduit l'orientation sexuelle à l'acte sexuel, comme si cela n'avait rien à voir avec l'identité de la personne".

"Nous sommes des gens comme les autres et n'avons pas à être désignés comme des pêcheurs du seul fait d'être transgenre", a estimé Vladimir Luxuria, transsexuel et ancien député communiste.

En Grande-Bretagne, Sharon Ferguson, directrice générale du Mouvement chrétien gay et lesbien, a qualifié les propos du pape de "totalement irresponsables et inacceptables sur le fond comme sur la forme".

"Le pape propage la crainte que les homosexuels menacent la planète. C'est tout simplement aberrant", a estimé Giles Fraser, président d'Inclusive church, un mouvement anglican pro-homosexuel.

"Ces commentaires trahissent un manque d'ouverture face à la complexité de la création", selon l'ancien religieux dominicain Mark Dowd, homosexuel et militant pour le groupe écologique chrétien Operation Noah.

Mis en ligne le 24/12/2008 sur e-llico.com

Madrid : grand messe catholique contre le mariage gay et l'avortement

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont participé dimanche dans le centre de Madrid à une grand messe catholique en faveur de la "famille", en présence de 37 évêques. Un rassemblement tourné contre le mariage homosexuel et l'avortement.

Depuis Rome, Benoît XVI a adressé aux participants un message retransmis sur grands écrans. "Chère familles, ne laissez pas se dénaturer l'amour, l'ouverture à la vie et les liens incomparables qui unissent votre foyer", a déclaré le pape lors de la traditionnelle prière de l'Angélus.

Le cardinal-archevêque de Madrid, Antonio Maria Rouco Varela, a lancé un appel contre l'avortement, invitant les familles à vaincre "la culture de la mort" qui convertit "ceux qui sont sacrifiés par la cruauté saisissante de l'avortement" en nouveaux "Saints Innocents".

Ce rassemblement fait suite à une cérémonie de même type, organisée le 30 décembre 2007 dans un contexte de relations tendues avec le gouvernement socialiste à la suite de plusieurs lois perçues avec hostilité par une hiérarchie catholique conservatrice.

L'évêque de Bilbao, Ricardo Blazquez est revenu dimanche sur le thème du mariage entre homosexuels, légalisé en 2005 par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, pour critiquer le fait "d'appeler mariage l'union entre deux personnes de même sexe" alors que la "famille normale" est constituée de "l'union stable (...) d'un homme et d'une femme".

Autre point de friction, l'avortement. Le gouvernement socialiste a annoncé qu'une nouvelle loi sur l'avortement serait présentée au parlement au premier semestre 2009.

Mis en ligne le 29/12/2008 sur e-llico.com

lundi 22 décembre 2008

Gender et forêt tropicale...

Étant donné que la foi dans le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l'Église ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre uniquement le message du salut à ses fidèles. Celle-ci a une responsabilité à l'égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, comprise de manière juste. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Église parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'œuvre de Dieu lui-même. Ce qu'on exprime souvent et ce qu'on entend par le terme « gender », se résout en définitive dans l'auto émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance. Le témoignage en faveur de l'Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et de manière particulière dans la nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait partie de l'annonce que l'Église doit apporter. Il faudrait relire l'encyclique Humanae vitae à partir de cette perspective : l'intention du Pape Paul VI était de défendre l'amour contre la sexualité en tant que consommation, l'avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation.

Extrait du Discours de Benoît XVI à la curie romaine, ce lundi 22 décembre 2008.

mardi 2 décembre 2008

Homosexualité : Le Saint-Siège réaffirme sa position contre les discriminations

Le Saint-Siège, en désaccord avec la proposition française à l'ONU sur l'homosexualité, réaffirme en même temps son opposition à toute discrimination contre les personnes homosexuelles.
Le P. Federico Lombardi a réagi à la suite d'une interview à Reuters de l'observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU à New York, Mgr Celestino Migliore.
Le P. Lombardi rappelle l'inviolabilité de la vie et de la dignité de la personne humaine en disant : « Evidemment, personne ne veut défendre la peine de mort pour les homosexuels, comme d'aucuns voudraient le faire croire. Les principes bien connus de respect des droits fondamentaux de la personne et du refus de toute discrimination injuste - qui sont sanctionnés en lettres claires par le Catéchisme de l'Eglise catholique même - excluent évidemment non seulement la peine de mort, mais toutes les législations pénales violentes ou discriminatoires vis-à-vis des homosexuels ».
Le cardinal Georges Marie Cottier, op, alors théologien de la Maison pontificale avait insisté sur ce point en l'an 2000 dans un entretien très clair et nuancé au quotidien de la conférence des évêques italiens, « Avvenire ».
Mais le P. Lombardi explique que l'enjeu du vote à l'ONU était ailleurs. « Ici, il s'agit d'autre chose, a-t-il fait observer. Pas seulement de « dépénalisation de l'homosexualité », comme on l'a écrit, mais d'introduire une déclaration de valeur politique, pouvant se refléter dans des mécanismes de contrôle en vertu desquels toute norme (pas seulement légale, mais aussi relative à la vie des groupes sociaux ou religieux) qui ne met pas sur le même plan toute orientation sexuelle, peut être considérée comme contraire au respect des droits de l'homme ».
« Cela, a souligné le P. Lombardi, peut clairement devenir un instrument de pression ou de discrimination vis-à-vis de qui - pour prendre un exemple - considère le mariage entre un homme et une femme comme la forme fondamentale et originaire de la vie sociale, et en tant que tel comme devant être privilégiée ».
Le P. Lombardi fait également remarquer que « le Saint-Siège n'est pas seul » : « moins de 50 » Etats membres de l'ONU ont adhéré à cette proposition, tandis que « plus de 150 » ne l'ont pas fait.

samedi 1 novembre 2008

"Attendre un ami..." par le Cardinal J.-H. Newman (1801-1890)

"Savez-vous ce que c'est que d'attendre un ami, d'attendre qu'il vienne, et de le voir tarder ? (...) Savez-vous ce que c'est que d'avoir un ami au loin, d'attendre de ses nouvelles et de vous demander jour après jour ce qu'il fait en ce moment, et s'il est bien portant ? Savez-vous ce que c'est de vivre pour quelqu'un qui est près de vous à tel point que vos yeux suivent les siens, que vous lisez dans son âme, que vous voyez ses désirs, que vous souriez de son sourire et vous attristez de sa tristesse, que vous êtes abattu lorsqu'il est ennuyé, et que vous vous réjouissez de ses succès ?
Veiller dans l'attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là, autant que des sentiments de ce monde sont capables de figurer ceux d'un autre monde..."

Cardinal John-Henry Newman, Parochial and Plain Sermons, vol. IV, sermon 22. Traduction d'Henri Bremond, La vie chrétienne, Bloud, Paris 1911, p. 353-356.

jeudi 4 septembre 2008

Act Up sous surveillance à l'occasion de la venue du Pape en France


Selon un article publié hier dans lefigaro.fr, les forces de l'ordre sont sur le pied de guerre à 10 jours de l'arrivée du Pape Benoît XVI en France.

6000 hommes seront en effet mobilisés à Paris et à Lourdes pour assurer la protection du Souverain Pontife. Outre les menaces terroristes, le site du journal rapporte d'autres sources d'inquiétudes pour le ministère de l'Intérieur. Parmi elles, l'association Act Up.

Décrite par le site du quotidien comme « les ultras de la cause gay », Act Up serait, toujours selon le journal, dans le collimateur de la police en raison d'appels à des manifestations incontrôlées. Les forces de l'ordre auraient en mémoire les jets de préservatifs sur le passage du Souverain Pontife en juillet dernier à Sydney, et ne souhaiteraient pas que de tels incidents se reproduisent en France...

Source : GayClic.com (4 septembre 2008)

Eglise anglicane : bientôt un évêque gay en Grande-Bretagne ?


Malgré le moratoire adopté par l'Eglise anglicane sur l'ordination de prêtres ouvertement homosexuels, la branche britannique pourrait bientôt compter dans ses rangs un nouvel ecclésiastique gay. Jeffrey John, un homosexuel qui a déjà postulé à la charge d'évêque en Angleterre, serait sur le point de décrocher ce poste au Pays de Galles, cette fois. Il figurerait sur une "short list" malgré les engagements pris il y a quelques semaines de plus ordonner d'homosexuels jusqu'à nouvel ordre pour tenter de calmer la crise au sein de l'Eglise anglicane.
Il pourrait devenir évêque de Bangor en Galles du nord.

L'Eglise d'Angleterre et l'Eglise du pays de Galles sont deux entités séparées membres toutes deux de la communion anglicane.

Jeffrey John a failli être ordonné évêque de Reading il y a cinq ans peu de temps après la nomination polémique de Gene Robinson comme évêque du New Hampshire par la branche américaine des Anglicans. Le tollé suscité par cette nouvelle a fait échouer ce projet. Toutefois, ce dernier n'a pas renoncé à postuler au rang d'évêque et les échanges de l'été entre pro et anti-gay au sein de la confession semblent déjà loin.

Comme Gene Robinson, Jeffrey John est engagé dans une relation de couple homosexuel. Il a conclu une union civile il y a deux ans avec son compagnon de longue date, Grant Holmes, qui est également prêtre anglican.

L'archevêque de Canterbury, bien qu'opposé à une telle nomimation n'a pas d'autorité directe sur l'Eglise de Galles qui est dirigée par un libéral, Barry Morgan, qui a déjà fait savoir qu'il était disposé à consacrer un évêque ouvertement gay.

Source : E-llico.com (03/09/2008)

Le Vatican accusé de vouloir cacher l'homosexualité d'un futur saint


Le journal Le Monde relate que Peter Tatchell, de l'association gay activiste britannique OutRage, accuse le Vatican de vouloir cacher l'homosexualité présumée d'un prélat anglais qu'elle envisage de béatifier.

Le cardinal John Henry Newman, décédé en 1890, avait souhaité être enterré aux côtés de son ami de trente ans, le père Ambrose St John, qu'il avait, selon ses mots, « aimé d'un amour aussi fort que celui d'un homme pour une femme ». Mais le Vatican, encouragé par Benoît XVI, souhaite aujourd'hui déplacer sa sépulture « afin de permettre aux pèlerins de vénérer le futur bienheureux dans un lieu approprié », a dit un porte parole de l'Église.

« Cet acte de vandalisme et de profanation viole la volonté expresse du cardinal d'être enterré aux côtés de son amant. L'Eglise catholique, qui hait les gays, veut cacher le fait que son futur saint était homosexuel », proclame M. Tatchell qui veut que l'Eglise assume publiquement l'homosexualité du cardinal. « Je ne sais pas s'ils ont eu des relations sexuelles, mais ils ont vécu ensemble et se sont aimés ».

« Il est idiot de confondre amitié forte et chaste, prévalant à l'époque victorienne dans certains milieux ecclésiastiques, avec une relation gay pleinement assumée, comme on l'entend aujourd'hui », insiste de son côté l'Eglise catholique. Dans le Times, la spécialiste des questions religieuses, Melanie McDonagh, qualifie cette campagne de « viol posthume d'une âme sensible par une brute... Le pauvre cardinal avait peut-être ses défauts, mais il ne mérite pas d'être défendu par un Tatchell ». Pour lire l'intégralité de l'article : www.lemonde.fr. (Merci à Tib et Enguerrand pour le lien).

Peter Tatchell est un fervent défenseur de la cause homosexuelle. En mai 2007, il avait été violemment agressé lors de la Gay Pride de Moscou : Voir la vidéo.

Alors nous entendons d'ici (nous avons une très bonne ouïe) certains lecteurs dire que Peter Tatchell en fait trop, et qu'il ferait mieux de laisser en paix la mémoire de ce cardinal qui n'a jamais demandé à être érigé en icône gay. Nous tenons à rappeler (d'avance) à ces lecteurs, de ne jamais oublier que sans ces militants et activistes de la cause gay (qui à leur goût en font parfois trop), leur vie d'aujourd'hui en tant qu'homosexuel ne serait certainement pas aussi agréable... et qu'il reste justement des combats à mener pour qu'elle soit encore meilleure...

Source : GayClic.com (1er septembre 2008)

jeudi 21 août 2008

Allemagne : un curé sanctionné pour avoir célébré une union homosexuelle

Un curé catholique allemand qui officiait à Wetzlar, dans le centre-ouest de l'Allemagne, a été suspendu par l'évêché de Limburg de ses fonctions de doyen pour avoir célébré en public une union homosexuelle, a annoncé l'évêché mercredi. Dans l'Eglise catholique, le doyen est un curé responsable d'un secteur pastoral.

Avoir célébré une telle union homosexuelle risque d'être interprété comme le fait que l'Eglise catholique place les unions homosexuelles au même niveau que le mariage des couples hétérosexuels, a estimé l'évêché pour justifier sa décision.

Or ce n'est pas le cas, même si l'Eglise est d'accord pour témoigner une certaine forme d'assistance aux couples homosexuels, a précisé l'évêché, en expliquant que la suspension de Peter Kollas de son poste de doyen vise "à éviter à l'Eglise de nouveaux dommages".

Le curé avait célébré l'union controversée vendredi dernier à la cathédrale de Wetzlar. Il a assuré à l'évêché que c'était la première fois et promis de ne pas récidiver.

Source : E-llico.com (Mis en ligne le 21/08/08)

mardi 12 août 2008

Soljenitsyne : l'écrivain russe disparu était un homophobe déclaré

Le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon a estimé mardi que le célèbre écrivain russe Alexandre Soljenitsyne "appartient à la vieille tradition russe, homophobe, limite antisémite, très marquée par l'ancien temps féodal qu'il admirait beaucoup".
Ce point de vue tranche avec les hommages internationaux à l'ancien dissident soviétique décédé dimanche.
Revenu dans son pays après la chute du communisme, Alexandre Soljenitsyne, a pris des positions nationalistes et réactionnaires sur de nombreux sujets, notamment sur l'homosexualité.
En 2006, il a signé un texte en commun avec l'Église orthodoxe russe dénonçant la première tentative de Gay Pride à Moscou.

Mis en ligne le 05/08/08

Source : E-llico.com

Un couple gay peut refléter l'amour de Dieu, selon l'archevêque de Canterbury

Dans une correspondance privée révélée par le Daily Telegraph, l'archevêque de Canterbury Rowan Williams (photo), chef de l'Eglise d'Angleterre et du monde anglican, réfute l'enseignement traditionnel de l'Eglise qui considère l'homosexualité comme un péché. Il espère d'ailleurs que l'Eglise change sa position sur le couple homosexuel, comme elle a su le faire dans le passé sur d'autres sujets de société.

Cette réflexion, formulée dans une lettre peu de temps avant qu'il devienne archevêque de Canterbury, risque de raviver la furie des conservateurs qui ont récemment boycotté la Conférence de Lambeth protestant ainsi contre la présence des libéraux qui ont élu le premier évêque anglican ouvertement gay en 2003. L'archevêque se trouve aujourd'hui dans une situation inconfortable puisque sa fonction de leader de l'église anglicane semble l'empêcher d'agir en accord avec ses convictions. « À la fin des années 80, je suis arrivé à la conclusion que les Écritures ne traitaient pas de la situation des personnes homosexuelles par nature. J'en ai conclu que les relations sexuelles entre deux personnes de même sexe pouvaient donc refléter l'amour de Dieu d'une manière comparable au mariage, si et seulement si elles avaient à ce sujet la même nature de fidélité absolue », écrivait Rowan Williams dans cette correspondance.

Source : Blog GayClic.com

jeudi 20 mars 2008

Un ouvrage catho anti-homo envoyé aux établissements scolaires du public

Le lobbying catholique homophobe à la manœuvre
Christian Terras

La triade homophobe que Golias a déjà désignée, regroupant Christian Vanneste (député UMP du Nord), le tristement célèbre Tony Anatrella et Mgr Henri Brincard, évêque du Puy, formant sur ce sujet sensible la très conservatrice Académie (catholique) d’éducation et d’études sociales (AES), persiste et signe. Suite au colloque qui s’est tenu sous son haut patronage, nous assistons à présent à une nouvelle manoeuvre visant à influencer les établissements scolaires du public.

Un ouvrage vient en effet d’être envoyé à plusieurs centaines d’établissements publics (adjectif à souligner). Sous le titre « Homme et femme, Il les créa », il s’agit en fait d’un ensemble de munitions offertes contre la cause du mariage gay et de l’adoption par des parents du même sexe. Une référence est faite, sur un ton très dogmatique, à la « loi naturelle », concept dont on sait en philosophie les difficultés qu’elle pose et qui est en fait une façon déguisée d’imposer le point de vue catholique le plus intransigeant.

Nous assistons à une multiplication des tentatives de contourner la barrière de la laïcité, au travers d’initiatives qui se veulent d’un point de vue global, non strictement confessionnel, mais qui émanent des groupes catholiques les plus farouchement sectaires et fondamentalistes. Comme l’avait déjà bien analysé le sociologue Danièle Hervieu-Léger la dernière bataille que mènent les conservateurs catholiques qui ont du se résoudre à voir la sécularisation progresser est celle des mœurs privées où une frange dure entend dicter la pluie et le beau temps sous le couvert fallacieux de défendre la société toute entière et de respect de la loi naturelle. Il s’agit d’abord d’une entreprise défensive contre une modernité honnie mais également d’une tentative de reconquête du terrain perdue (voir aussi à ce sujet Golias hebdo n°19 sur « Le retour inquiétant des commandos anti-IVG »).

Au-delà des aspects purement théoriques de la question, nous devons garder à l’esprit les risques psychologiques graves pour des jeunes en quête d’eux-mêmes et avançant parfois difficilement sur le chemin de l’acceptation d’une tendance qu’ils ne peuvent nier ou refouler sans vrais préjudices, des pressions de type homophobe, à tous les niveaux et de quelque façon que ce soit. Il faut donc dire « danger ». Mention particulière doit être faite du suicide de jeunes adolescents homosexuels : parmi les jeunes qui se suicident, un pourcentage important d’entre eux est constitué de « garçons sensibles » se sentant rejetés et ne parvenant pas à s’accepter. Un phénomène tragique à ne pas perdre de vue pour évaluer cette entreprise de cette sinistre triade homophobe.

Source : Golias (16/03/08).

mardi 11 mars 2008

USA : 689 nouvelles plaintes déposées en 2007 contre des prêtres pédophiles

En 2007, 689 plaintes ont été enregistrées à l'encontre de prêtres pédophiles de l'Église catholique américaine, pour des faits en général antérieurs aux années 1990, selon un rapport annuel publié vendredi.
Le scandale a coûté 615 millions de dollars l'année dernière aux diocèses et aux communautés religieuses concernées, dont 526 millions pour mettre fin aux poursuites, 23 millions de soutien aux victimes et aux prêtres incriminés et 60 millions de frais d'avocats.
Au total, ces plaintes visaient 491 prêtres ou diacres, dont 58% faisaient déjà l'objet de précédentes accusations déposées par d'autres victimes.

Mis en ligne sur e-llico.com le 10/03/2008.

jeudi 6 mars 2008

Espagne : l'épiscopat choisit la ligne dure face à Zapatero

Le cardinal de Madrid, Antonio Maria Rouco Varela, tenant d'une ligne dure au sein de l'Église espagnole et farouchement opposé aux réformes sociétales du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, a été élu mardi président de la Conférence épiscopale espagnole (CEE).
Cette élection a lieu en pleine campagne pour les élections législatives espagnoles de dimanche prochain et alors que l'Église est intervenue à plusieurs reprises dans le débat politique, en particulier avec une note "d'orientation morale" diffusée le 30 janvier, dans laquelle les évêques critiquaient durement certaines lois du gouvernement socialiste de Zapatero.

Les derniers sondages autorisés donnent les socialistes légèrement favoris face aux conservateurs du Parti Populaire (PP, droite) pour les élections législatives de dimanche.

Mgr Rouco Varela, un Galicien de 71 ans, a entretenu des relations très hostiles avec le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero dès l'accession des socialistes au pouvoir en mars 2004 alors qu'il était à la tête de la Conférence épiscopale.
Il s'était farouchement opposé à une série de réformes promues par les socialistes, en premier lieu l'instauration du mariage gay et la loi sur les divorces simplifiés.

Mis en ligne sur E-llico.com le 04/03/2008.