mercredi 17 janvier 2007

Italie : les protestants critiquent le poids de l'Eglise dans la politique

"L'Eglise vaudoise, principale branche de la minorité protestante en Italie, a reproché à l'Eglise catholique sa volonté de toujours se placer "au centre" des débats de société au mépris de la laïcité de l'Etat, dans un communiqué.
"L'Eglise catholique considère que la laïcité de la République italienne est "saine" dans la mesure où celle-ci lui reconnaît cette place centrale (...) et dit non au PaCS, à une loi sur l'euthanasie et ainsi se suite",
accuse la commission bioéthique de l'Eglise vaudoise.
"Face à cette prétention catholique, le gouvernement et les parlementaires, sauf de rares exceptions, n'osent plus s'exprimer sur ces sujets",
ajoute-t-elle, alors que la majorité parlementaire et le gouvernement de gauche peinent à concrétiser leur promesse électorale de légaliser les "unions de faits"."

L'Eglise catholique et le "genre"

Info. trouvée sur la blogosphère :

"Selon un sondage récent, 51% des français seulement se déclarent catholiques.

A ce sujet le Père Madelin, qui est aussi un sociologue réputé, déclare dans les colonnes du Figaro : "Je pense que la société fait aussi payer à l’Eglise le monopole de la régence sur les consciences, longtemps exercée".

On ne saurait mieux dire.

Le néo-intransigeantisme actuel, désireux de revenir à un état de choses passées semble s’aveugler sur les réactions néfastes qu’il susciterait de toute façon, même à court terme.

Au sujet de la posture défensive adoptée par l’institution catholique sur un certain nombre de questions disputées et délicates (il cite l’homoparentalité et la question du genre masculin et féminin), le Père Madelin met juste en garde : "Si nous continuons sur ce chemin, la foi catholique pratiquée va devenir une contre-culture".

L’épiscopat a bien mis en place une commission de travail sur la question du "genre", présidée par Mgr Jean-Louis Bruguès, l’évêque d’Angers, mais malheureusement pas dans le sens d’une réforme de ses propres certitudes affichées en la matière..."

Mgr André Vingt-Trois

Info. trouvée sur la blogosphère :

"Cela s’appelle faire feu de tout bois.

Parfois, en certaines circonstances, il y a là un signe d’habileté. Parfois, au contraire, certaines exploitations atteignent l’indécence. C’est le cas en particulier lorsqu’on exploite au service d’une vision idéologique un drame humain, individuel ou social.

Lors de son sermon de Noël, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, semble avoir franchi la ligne rouge. En effet, il a cru pouvoir se permettre de se référer au drame vécu par de nombreux SDF pour entonner un refrain sempiternel totalement hors de propos. La situation des "miséreux" (terme désuet, sinon ridicule, serait dû à son avis à la "culture libertine" qui règne actuellement et à la confusion qui régnerait au sujet de la notion de famille.

Le mariage homosexuel cela fait des clochards au bout du compte, c’est bien connu."

mardi 16 janvier 2007

Ichtus

Dans un post récent, CathoGay signale "un article qui constate que, curieusement, le fameux poisson (ichtus en grec) est en train de devenir un signe majeur des homosexuels catholiques et surtout de la pastorale auprès des minorités sexuelles. Et, tout comme l'auteur de l'article, je trouve aussi qu'il y a quelque chose du symbole providentiel à ce que le signe des premiers chrétiens, qui étaient connus comme les pisciculi (littéralement: les petits poissons ou fretins), du temps de la persécution et des catacombes, devienne de plus en plus le signe des catholiques homosexuels... Une initiative qui date de 1984 et qui provient de l'archidiocèse de Los Angeles, avec la création du premier "vicariat" destiné aux homosexuels catholiques".

lundi 15 janvier 2007

Manifestation au Vatican pour la reconnaissance des couples homosexuels

Les défenseurs des unions entre personnes de même sexe ont manifesté samedi place Saint-Pierre au Vatican pour dénoncer l'opposition de l'Eglise catholique à la légalisation des couples homosexuels.

200 personnes environ (40 l'année passée) ont manifesté à l'appel de l'organisation italienne de défense des droits des LGBT Arcigay. Elles commémoraient, comme chaque année, le suicide du poète sicilien homosexuel, Alfredo Ormando, qui s'était immolé il y a 10 ans place Saint-Pierre pour dénoncer l'homophobie de l'Eglise catholique.

Plusieurs membres de la manifestation portaient des drapeaux gay et des banderoles de protestation condamnant notamment l'ingérence permanente du pape dans la politique italienne sur le dossier des unions de fait et réclamant au plus vite le vote du statut promis par le gouvernement Prodi.
"Les interventions papales sont quasi-quotidiennes, elles frisent l'obsession", a-t-il déclaré le leader d'Arcigay. Or, a-t-il ajouté, "le Parlement doit discuter de ce sujet en toute liberté, sans pressions du Vatican, et décider en toute indépendance comme tout Parlement souverain d'un Etat laïc".

Jeudi encore, le pape Benoît XVI a réaffirmé devant le maire de Rome son opposition au projet de reconnaissance des union civile: "Les projets qui visent à accorder à d'autres formes d'union (que le mariage) une reconnaissance juridique (...) paraissent dangereux et contreproductifs, car ils conduiront inévitablement à affaiblir et à destabiliser la famille légitime fondée sur le mariage", a-t-il déclaré. Le pape a fait cette déclaration à l'occasion d'une audience accordée au maire de Rome Walter Veltroni, importante figure de la gauche italienne, et aux élus de la région du Latium également dirigée par la gauche, alors que plusieurs propositions de loi sur les unions civiles ont été déposées par la gauche au Parlement.

Le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi, écartelé entre courants laïque et catholique, n'est pour sa part pas parvenu pour l'instant à se mettre d'accord sur un projet. La pression de l'Eglise catholique est très forte sur les courants issus de la Démocratie chrétienne pour leur faire abandonner toute idée de légiférer.

La commission justice du Sénat italien a entamé mercredi l'examen de propositions de loi sur cette reconnaissance juridique, premier pas vers l'adoption d'une législation promise par le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi.

Il y a un an, voici ce qu'on pouvait lire à peu près à la même date :

"Une quarantaine de personnes se sont rassemblées vendredi place Saint-Pierre au Vatican pour protester contre les propos de Benoît XVI condamnant les unions civiles, homosexuelles et hétérosexuelles, a indiqué à l'AFP Franco Grillini, député de gauche et responsable de l'association Arcigay.Le pape a qualifié jeudi de "grave erreur" le fait "d'obscurcir la valeur et les fonctions de la famille légitime fondée sur le mariage, en attribuant à d'autres formes d'union des reconnaissances juridiques dont l'exigence sociale n'est pas une vraie réalité"."L'Eglise catholique repousse encore une fois le PACS, et on ne comprend pas bien pourquoi elle s'ingère ainsi dans la politique italienne", a dénoncé M. Grillini, député du principal parti d'opposition DS (démocrates de gauche) et un des responsables de la première association italienne de défense des homosexuels, Arcigay.Benoît XVI a fait ces déclarations alors qu'il recevait des responsables politiques locaux de la région du Latium, de la province et de la commune de Rome."Nous manifestons également pour protester contre l'homophobie de toutes les religions monothéistes", a tenu à souligner Franco Grillini.Les manifestants ont par ailleurs rendu un hommage à Alfredo Ormando, un Italien de 39 ans qui s'était immolé par le feu place Saint-Pierre le 13 janvier 1998 pour dénoncer l'attitude de l'Eglise envers les homosexuels.Samedi à Rome, des milliers de personnes sont attendues pour manifester en faveur de l'instauration en Italie d'un Pacs à la française. A cette occasion, un magistrat de la cour de cassation célébrera symboliquement l'union d'une dizaine d'élus politiques italiens (Source : La Croix, 16/01/2006)."

samedi 30 décembre 2006

Stéphane Clerget : On ne naît ni homo, ni hétéro

Médecin psychiatre et pédopsychiatre, Stéphane Clerget est à la fois chercheur et clinicien. Il travaille notamment sur la construction de l’identité sexuée chez l’enfant. Il revient pour "Illico" sur "Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel ?", le premier ouvrage qu’il consacre à l’homosexualité. Comment vous est venue l’idée de consacrer, à votre tour, un ouvrage à ce sujet ? Qu’apporte-t-il de nouveau ?

On trouve dans de nombreux ouvrages généralistes relatifs à la sexualité le chapitre convenu sur les "causes" ou les "origines" de l’homosexualité. Les réponses sont habituellement toutes aussi convenues. Chez les anglo-saxons, il est question du gène ou des hormones qui clôt toute réflexion. Or l’analyse des études montre qu’il n’y a pas de vérité génétique ni hormonale des préférences sexuelles. Chez nous, on en est surtout resté aux tout premiers écrits freudiens, mal interprétés de surcroît, et il est alors question pour les homos masculins de narcissisme, de perversion ou d’un excès de mère associé à une carence paternelle. Quant à l’homosexualité féminine, c’est encore plus lapidaire. D’autres part, les écrits sur le sujet prennent rapidement une dimension idéologique qui parasite la réflexion. Le simple fait que l’on questionne sur les "causes" de l’homosexualité sans se questionner sur celles de l’hétérosexualité démontre un a priori sur l’homosexualité, qui serait, sinon pathologique, du moins issue d’une déviance par rapport à un développement hétérosexuel qui irait de soi. Ce livre est, je crois, le premier à proposer un regard approfondi et synthétique sur la question en mêlant les approches psychologiques, médicales, historiques, sociologiques, ethnologiques, c’est-à-dire des points de vue complémentaires et qui se trouvent être convergents dans
l’affirmation du caractère essentiellement acquis de notre orientation
sexuelle. Il apporte aussi un regard neuf en tenant compte des recherches génétiques de ces quinze dernières années, et des avancées toutes récentes en neurobiologie. Enfin il est nourri des résultats de mes observations personnelles dans le cadre de psychanalyses d’enfants et d’adolescents. Les avancées actuelles en psychanalyse doivent beaucoup aux psychanalystes d’enfants.

Dans votre livre, vous avez choisi de convoquer de nombreuses disciplines (l’histoire, l’ethnologie, l’éthologie …) assez éloignées de la médecine, de la psychologie… Pourquoi un tel choix ? Est-ce par crainte d’enfermer votre propos dans un discours trop médical qui susciterait le rejet ?

Si une crainte était à l’origine de ce choix, ce n’était pas celle d’un hypothétique rejet mais plutôt celle que mon regard fût incomplet. Mais en effet, une approche purement médicale ou psychiatrique de l’homosexualité préjugerait de son caractère pathologique. La sexualité et l’amour chez l’homme ne sont la chasse gardée ni des médecins, ni des poètes. Ils ont leurs places dans chacun de ces champs d’études. C’est par l’ensemble des sciences humaines que l’on peut prétendre approcher de la vérité humaine. A la différence des animaux, notre sexualité est surtout dans la tête en raison de l’importance de notre néocortex. Et la dimension culturelle illustrée par l’approche historique, ethnologique ou sociologique influence la perception que chacun a de sa propre sexualité et de celle des autres, et participe à son orientation. L’environnement social et culturel donne des modèles et des voies possibles ou non, en fonction de notre apparence et de notre statut. Le regard des historiens rappelle la relativité des représentations sociales. Ainsi ai-je été surpris de découvrir qu’il a existé pendant des siècles un ancêtre de PACS au moyen age nommé le contrat d’affrèrement.

Votre ouvrage, d’entrée de jeu, affirme qu’on "ne naît pas homo mais qu’on le devient". Vous étayez cette thèse en faisant le point sur les dernières découvertes en neurobiologie ou en génétique avec des arguments qui semblent imparables. Comment expliquez-vous que de nombreux homosexuels et lesbiennes, à chaque génération, soutiennent encore la thèse que leur orientation sexuelle est innée ?

Si d'entrée de jeu j’affirme que l’on devient homo, c’est parce que je donne d’emblée le résultat de mes recherches. Je ne suis pas parti d’un a priori. J'affirme aussi, et ce n'est pas anodin, que l'on ne naît pas hétéro. Mais les réactions que j’ai recueillies autour de ce travail vont dans le sens de ce que vous dites. En effet des homos réagissent mal à l’idée du caractère acquis de leurs préférences sexuelles. Leurs parents aussi d’ailleurs qui se croient coupables d’avoir mal fait. C’est peut-être pour soutenir leurs parents que ces homosexuels défendent la thèse de l’inné. La réponse génétique a l’avantage d’être simple. Elle permet à ceux qui n’aiment pas se prendre la tête d’éviter de se poser des questions sur leur développement personnel. Homo ou hétéro que craint-on dans l’idée du caractère acquis ? Sans doute de perdre ses certitudes. L’idée qu’on aurait pu être différent réveille l’inquiétante perspective qu’on pourrait devenir quelqu’un d’autre. Et notre conscience de soi n’aime guère les jeux de miroir. Il y a des désirs qu’on a refoulés, homo ou hétéro et on n’a pas envie d’un retour du refoulé. Mais la principale raison est, je crois le jugement défavorable, quand ce n’est pas franchement hostile, qui continue d’être porté sur l’homosexualité. Et partant de là, le caractère acquis fait croire qu’il y a eu une malfaçon dans la construction de leur identité. "Revendiquer" le caractère inné est alors une façon de revendiquer dans leur construction l’absence de "faute", de "déviance" ou de "péché" au nom de quoi violence est faite à l’encontre des homos. Si l’homosexualité, comme cela le fut en d’autres cultures, n’était pas considérée de façon péjorative, peu importeraient aux personnes concernées le caractère acquis ou inné de son origine. Mais, dans mon livre, je montre que le caractère acquis de l’homosexualité n’implique pas un accident de parcours ou une déviation dans le développement. C’est acquis comme l’est par exemple le langage. Il y a différentes façons de s’exprimer aussi normales les unes que les autres. Bien sûr il existe des troubles du langage comme il y a des troubles du développement psycho-sexuel mais ils concernent autant les homos que les hétéros. Futurs homos ou hétéros nous passons tous par les mêmes stades de développement. Apprentissages, expériences, rencontres nous sont plus ou moins communes. Mais si l’on fait le même voyage, on en garde pas tous le même souvenir. Notre orientation sexuelle est la synthèse de ces souvenirs.

Votre livre, qui est respectueux des homosexuels, défend l’idée que l’homosexualité est en très grande part acquise. Or c’est justement en référence à cette idée (l’homosexualité est un choix) que de nombreux opposants aux revendications des homosexuels leur contestent le droit à une égalité sociale et juridique. Quel est votre avis et que pensez-vous de l’utilisation ainsi faite de cet argument ?

Le caractère acquis de l’homosexualité n’en fait pas un choix volontaire et conscient. On ne décide pas un beau matin de devenir homosexuel. Mais l’enfant a une part active dans ce qu’il deviendra, ne serait ce que dans ses choix d’identifications, dans ses choix de réaliser tel désir conscient ou non d’un parent, dans ses choix relationnels, dans ses renoncements aussi. Si l’orientation sexuelle est en partie la conséquence de certains de ces choix, c’est une conséquence indirecte.
Quand vous parlez des revendications a une égalité sociale et juridique, je pense que vous parlez de l’égalité de droits des couples (union civile, adoption, succession). Quand bien même l’homosexualité résulterait d’un choix volontaire et conscient. En quoi cela justifierait-il que des couples homos n’aient pas des droits équivalents aux couples hétéros. Le désir homosexuel ou le renoncement à l’hétérosexualité n’est pas synonyme du renoncement à former un couple. Devenir homosexuel est simplement le désir d’accomplir ce "nous-même" avec un autre de son sexe. De même le désir hétérosexuel ou le renoncement à l’homosexualité n’implique pas de renoncer à former des amitiés avec des personnes de son sexe. Quant au désir d’élever des enfants, il est indépendant de l’orientation sexuelle. Il n’y a pas habituellement de renoncement à la procréation ou à la parentalité dans l’origine du désir homosexuel. D’ailleurs le fantasme de procréation peut être présent dans l’inconscient de personnes de même sexe qui font l’amour.
Ce discours des "opposants" que l’on pourrait résumer par "les homos veulent le beurre et l’argent du beurre" est probablement tenu par ceux là même qui ont renoncé amèrement au cours de leur développement à des désirs homos afin de s’assurer la réalisation de leur vœu à fonder une famille. Le constat que des personnes cherchent à réaliser ces deux types de désirs (désir homos et famille) suscitent en eux l’envie, terreau de la haine.

Vous présentez très longuement les développements modernes de la psychanalyse sur la question de la sexualité et par conséquent de l’homosexualité. A tel point qu’on peut penser que cette discipline, qui n’est pas une science, a plus d’importance encore (pour expliquer que nous ne naissons pas homosexuels) que la neurobiologie, la génétique… Est-ce ce que vous pensez ? Et dans ce cas, n’y a-t-il pas un problème à privilégier ainsi une discipline qui a très largement contribué à ostraciser les homosexuels ?

Les théories neurobiologiques sont peut-être plus faciles à résumer que la psychanalyse où il faut faire davantage attention au poids des mots. Quoi qu’il en soit, l’abord neurobiologique me fait également conclure au caractère essentiellement acquis de l’homosexualité. N’oublions pas que les premiers psychanalystes se sont élevés contre le concept de dégénérescence mentale prôné depuis un siècle à propos de l’homosexualité. Freud refusait de la considérer comme une maladie ou un délit. Certes par la suite, beaucoup de psychanalystes ont remplacé la "dégénérescence" par la perversion, le trouble de personnalité voire la psychose. Pourtant la psychanalyse reste un formidable moyen de compréhension de fonctionnement humain et est surtout un outil très performant pour libérer les individus de leurs entraves psychiques. Mais c’est un art difficile et le meilleur des outils n’est capable de rien sans bon artisan. Hélas, l’épouvantable homophobie sociale et individuelle dans l’occident du XXe siècle n’a pas contaminé que les psychanalystes. Vous savez, les neurobiologistes n’ont pas été les derniers à ostraciser les homosexuels. Jusqu’au milieu du XXe siècle
les traitements hormonaux, les castrations, les lobotomies (ablation d’une partie du cerveau), les chocs électriques, les épilepsies provoquées ont été allègrement utilisés pour "guérir" les individus de leur homosexualité considérée comme la résultante d’un problème neurobiologique. Si j'ai développé davantage la partie consacrée à la psychanalyse par rapport aux autres disciplines c'est qu'il me fallait argumenter avec précision des conceptions psychanalytiques innovantes qui donnent une interprétation autre de l'homosexualité. Et qui vont en effet à contre courant avec les interprétations psychanalytiques erronées, discriminatoires ou pathologisantes qui ont été avancées jusqu'à présent.

D’après votre expérience de médecin et de thérapeute, estimez-vous qu’il est important ou non pour les gays et les lesbiennes de comprendre pourquoi ils sont homosexuels ou elles sont lesbiennes ?

Non. Sauf si eux-mêmes le considèrent. Mais pour se libérer de certaines entraves à un épanouissement personnel ou simplement par curiosité, on peut être conduit à se questionner sur soi, son fonctionnement, et donc sur son histoire personnelle et familiale. Chemin faisant, on croisera certainement alors certains fondements à nos désirs, entrelacés avec les piliers de notre personnalité. Ce peut être aussi l’occasion, pour certains, de réaliser qu’être homosexuel n’est pas une anomalie de développement. Savoir qui l’on est et comment on le devient peut nous apaiser et nous rendre plus fort. Dans les faits, beaucoup d’homos s’interrogent. Ce qui pourrait être
important en revanche c’est que les hétéros se posent au moins une fois la question sur l’origine de leur propres choix et renoncements, ne serait-ce que pour réaliser que les homos et les hétéros ont bien plus de points communs que de différences.

Dans votre conclusion, vous expliquez qu’il ne faut pas confondre l’orientation sexuelle (être homo, hétéro, bi ou autre) et l’identité sexuelle (être homme ou femme). Vous indiquez que la nomination de l’orientation sexuelle n’est rien moins qu’un "étiquetage social" amené à évoluer. Par quels moyens, peut-on le faire évoluer ? Est-il souhaitable qu’il disparaisse ?

Si j’ai en effet conclu là-dessus, c’est pour passer le relais à autrui. Je vous rétrocède donc la question. La vision de l’homosexualité varie d’une culture à une autre. Chez nous, jusqu’à il y a deux siècles, les comportements érotiques de chacun, condamnés ou non, ne conféraient pas une identité. Votre journal, des mouvements associatifs, des politiques, vos lecteurs contribuent, je crois, à faire avancer la réflexion sur la façon dont on pourrait faire évoluer cet étiquetage social afin que les personnes concernées vivent en paix avec eux-mêmes et avec les autres. Si cet étiquetage disparaissait, l’orientation sexuelle d’un individu aurait socialement autant d’importance que la couleur de ses yeux. La question qui se poserait alors serait simplement de savoir si on a envie ou non de plonger son regard dans le sien.

"Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel ?"


On ne naît pas homo ou hétéro, on le devient", telle est la thèse conduite par Stéphane Clerget pour qui "nos préférences sexuelles, et leurs combinaisons dans une orientation hétéro ou homosexuelle, sont le fruit d’une évolution personnelle progressive. Elles s’acquièrent." Pour autant, Stéphane Clerget qui est médecin (chercheur et clinicien) ne conteste pas qu’une part de "l’innée existe" car "en amont de notre histoire individuelle, nous avons une préhistoire, représentée par notre capital physique et génétique." Mais, rajoute l’auteur : "nos préférences sexuelles, notre identité sexuelle s’affirment, pour l’essentiel, au fil de notre évolution personnelle". L’auteur en veut pour preuve que toutes les tentatives d’expliquer l’origine de l’homosexualité par la génétique ou la biologie ont échoué. Bien que médecin, Stéphane Clerget a compris qu’il y avait danger à n’enfermer son propos que du seul point de vue médical. Aussi a-t-il pris soin de l’élargir à d’autres disciplines : histoire, sociologie, éthologie, sociobiologie, l’anthropologie, etc. C’est d’ailleurs une des grandes qualités de l’ouvrage que de proposer une approche pluridisciplinaire de cette question montrant ainsi la variété des explications possibles et la complexité d’un phénomène : la détermination de l’orientation sexuelle. Du coup, les explications psychologisantes (père absent, mère dominatrice) cèdent le pas à des affirmations plus convaincantes et innovantes. Humain dans son approche (l’auteur affiche un net respect des homosexuels), cet essai est particulièrement bien construit et bien conduit. Il laisse cependant une très (trop) grande place au discours psychanalytique dont depuis les travaux de Didier Eribon, on connaît les limites et les défauts.

Stéphane Clerget, "Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel ?", éditions Jean-Claude Lattès.

Parents et homosexuels : une redéfinition de l'ordre symbolique

Michel Tort, psychanalyste, et professeur à l'université Paris 7, se préoccupe depuis longtemps des questions concernant la sexualité et la parentalité. Depuis 75, il réfléchit aux rapports entre la pratique de l'analyse et ce qui se passe à l'extérieur, en lien avec l'espace social.
Dans le cadre de son intervention à l'occasion des débathèmes de l'APGL (
Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens) en l'an 2000, Michel Tort entendait dénoncer les positions traditionnelles sur la question de l'homoparentalité et faire un sort à l'article très alarmiste de JP. Winter " Des enfants symboliquement modifiés " paru dans le Monde des Débats.

De cet article, une lecture critique a été faite, véritable commentaire de texte dont on a pu retenir les moments suivants :

Winter reprend au compte de la psychanalyse et au nom du respect des normes, la citation vitaliste de Shopenhauer selon lequel l'homme est appelé à vivre et se reproduire.
Mais Michel Tort rappelle qu'il n'y a pas de reproduction pour les humains. Le recours à l'espèce s'invalide du seul fait que nul homme n'a jamais fait commerce d'amour aux seules fins de perpétuer l'espèce. Au fond, il n'y a de reproduction que du point de vue de ce qu'il appelle la " pastorisation " où les hommes, pareils à des brebis, ont besoin d'être dirigés. Dans ce cadre là seulement, on est fondé à parler d'espèce, s'agissant de l'homme. Michel Tort dénonce ici l'émanation d'un biologisme spontané chrétien.

Sa critique vise un argument récurrent dans lequel on peut distinguer deux moments :

  • Il est d'abord supposé nécessaire à la santé psychique de l'enfant qu'il puisse, avant même d'accéder au langage, se représenter un couple fécond. Sans cela, comment pourra-t-on lui répondre quand il demandera comment viennent les enfants ?
  • Il est ensuite rappelé que si on ne permet pas la constitution de la différence anatomique des sexes, on est alors dans le désaveu pervers.

Ces deux moments s'articulent lorsqu'on procède sciemment à une opération qui empêche de se représenter la différence des sexes, précipitant l'enfant dans le désaveu pervers. C'est le cas de l'homoparentalité.
Or, il se trouve que cet argument repose sur deux suppositions douteuses, l'une que l'on pourrait organiser la perversion, l'autre que l'on aurait les moyens d'empêcher la représentation de la différence des sexes.
D'autre part, toujours selon Winter l'instrumentalisation du tiers par exemple témoignerait d'une exclusion qui laisserait des traces dans le psychisme de l'enfant.
Selon Michel Tort, un tel rejet de tout ce qui n'est pas conforme, et la dramatisation des effets qui en résultent, tient pour réglé un problème qui mérite pourtant qu'on s'y attarde : la vraie question n'est pas celle de la norme à maintenir comme seule salutaire mais celle de la position des sujets par rapport à l'artifice au cœur des dispositifs actuels par lesquels s'opèrent de nouvelles formes, de parentalité supposant des aménagements (par exemple l'IAD).
Il existe déjà, rappelle Michel Tort, des conceptions de parentalité élargie qui pose tout autrement le problème de l'homoparentalité.
Revenant sur le problème de l'organisation psychique d'un enfant élevé dans un contexte d'homoparentalité, Michel Tort précise qu'on n'empêche pas un enfant de fantasmer, quelle que soit la configuration conjugale.
Le fantasme est une production de l'activité psychique qui ne dépend pas d'ingrédients extérieurs. Ce n'est donc pas l'homoparentalité en tant que telle qui pourrait provoquer des troubles psychiques mais la façon dont les enfants arrivent dans les familles. Selon Michel Tort, il y a deux institutions qui fonctionnent en pervertissant les principes du fonctionnement psychique : il s'agit de l'IAD et de l'accouchement sous X qui présentent ce travers de laisser un sujet dans l'impossibilité d'accéder à ses origines. Ces dispositifs qui tentent d'imiter le naturel, de le rejoindre ne sont pas à laisser prospérer pour le sujet (sic).
Ce ne sont pas les seuls aménagements. A ceux-là, il convient de préférer des organisations moins naturelles et plus sociales. Au fond, il n'y a aucune raison pour qu'il n'y ait qu'un seul père ou qu'une seule mère. On pourrait imaginer des degrés, un partage de la parentalité sans être amené à cette partition entre le géniteur gamète et un parent social et symbolique mais il semble que nous manquions d'imagination.

Michel Tort entend dénoncer le caractère séparateur d'une psychanalyse dominée par la solution paternelle. Or, cela est bien antérieur à la psychanalyse, purement émané de l'organisation sociale historique et on peut bien s'interroger sur cette solidarité entre la psychanalyse et la société. Il y a deux sortes d'énoncés psychanalytiques :

  • ceux qui sont indépendants de l'idéologie ;
  • ceux qui sont contaminés par telle ou telle forme d'organisation familiale.

Or, si elle est ainsi assujettie aux idéologies, la psychanalyse ne peut plus analyser les fantasmes sociaux, entreprise à quoi elle doit s'appliquer et à laquelle elle est bien utile.
Selon lui, la majorité des interventions des analystes sur ces sujets ne sont pas psychanalytiques. Elles témoignent de positions systématiques et ne répondent pas aux exigences qu'en tant qu'analyste, on peut avoir par rapport à la production d'énoncés : si on raisonnait de cette façon dans la cure et l'ensemble de la théorisation, on n'obtiendrait aucun résultat. On assiste à une dérive de l'analyse quand la psychanalyse se solidarise avec l'organisation historique de la famille. Les configurations classiques n'ont pas à servir de base à l'analyse mais bien plutôt s'y prêter : dans le discours, quels sont les fantasmes qui continuent de circuler ?

Michel Tort voudra essentiellement souligner que pour un analyste, sur cette question de parentalité, il ne s'agit pas simplement de dire " voici ce qui est bon pour être parents " mais de se demander à quoi on peut servir pour l'analyse des fantasmes qui circulent dans notre société.
Dans sa diatribe contre l'école lacanienne, Michel Tort dénonce le fait de prêter au symbolique, dont la psychanalyse fait son mot d'ordre, les caractères d'un ordre justement qui serait universel, qui
échapperait à l'histoire. Le symbolique, comme le droit est aussi historique. Mais le droit, comme le symbolique, est pourvu d'un parfum d'éternité qui le fait prendre pour un ordre symbolique.
Au fond, ce qui est en question dans nos débats a une dimension proprement politique : à travers l'homoparentalité, c'est de conception qu'il s'agit, de ce que les sujets en tant que citoyens veulent comme parentalité. En ce sens, c'est normal qu'il y ait controverse. De fait, le sujet ne se poserait pas s'il n'y avait pas un certain nombre de sujets qui revendique des droits au nom de certains principes. Mais comment accepter que son souci d'être de bons parents soit divisé, c'est à dire objet d'un enjeu politique? Mais il y a aussi un risque de sacrifier l'enjeu de fond au bénéfice du souci légitime d'être ces bons parents.

Cette différence est renforcée parce qu'on oppose deux plans :

  • celui des traditionalistes catholiques, assez marginal somme toute, représenté par Anatrella, très loin de la psychanalyse. La véritable position traditionaliste est plutôt modérée, s'inspirant à la fois de la sociologie, de l'anthropologie, avec sans doute un brin d'histoire.
  • celle des identitaristes de gauche radicaux.

C'est grâce à eux si la question de la parentalité est posée et pas seulement grâce à notre être spontané d'homoparents. Ce sont eux qui nous réunissent contre l'ensemble d'un système qui manipule la référence à la différence des sexes et pose l'ordre symbolique comme un ordre universel, idéologie fondée sur la foi en un universel anthropologique.
Au contraire, faut-il considérer que l'homosexualité, le rapport au même n'est pas une négation de la différence des sexes puisqu'elle en relève : dans l'espace même de la différence des sexes, il existe l'homosexualité.

L'homoparentalité est une organisation particulière mais donc pas une négation de la différence des sexes.

Source : http://www.apgl.asso.fr/documents/dt_200003.htm

dimanche 30 juillet 2006

Vacances


Absent jusqu'au 3 septembre, je souhaite à tous un beau mois d'août, et d'excellentes vacances à ceux qui pourront en prendre dans les semaines à venir !...

samedi 22 juillet 2006

Tous appelés à la même sainteté

"L'Eglise sainte, de par l'institution divine, est organisée et dirigée suivant une variété merveilleuse. "Car, de même qu'en un seul corps nous avons plusieurs membres et que tous les membres n'ont pas tous même fonction, ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ, étant chacun pour sa part, membres les uns des autres" ( Rm 12,4-5 ).

Il n'y a donc qu'un peuple de Dieu choisi par lui: "Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême" ( Ep 4,5 ). Commune est la dignité des membres du fait de leur régénération dans le Christ ; commune la grâce d'adoption filiale ; commune la vocation à la perfection ; il n'y a qu'un salut, une espérance, une charité sans division. Il n'y a donc, dans le Christ et dans l'Eglise, aucune inégalité qui viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe, car "il n'y a ni homme ni femme, vous n'êtes tous qu'un dans le Christ Jésus" ( Ga 3,28 grec ; cf. Col 3,11 ).

Si donc, dans l'Eglise, tous ne marchent pas par le même chemin, tous, cependant, sont appelés à la sainteté et ont reçu à titre égal la foi qui introduit dans la justice de Dieu (cf. 2P 1,1 ). (...) Ainsi, dans la diversité même, tous rendent témoignage de l'admirable unité qui règne dans le Corps du Christ: en effet, la diversité même des grâces, des ministères et des opérations contribue à lier les fils de Dieu en un tout. Car "tout cela c'est l'oeuvre d'un seul et même Esprit" ( 1Co 12,11 )."

Source : Concile Vatican II, Lumen gentium (1964), § 32.


Bonne fête de sainte Marie-Madeleine à tous !...

jeudi 20 juillet 2006

Mr Gay Vatican City

Pour rire un peu (c'est l'été, voire les vacances pour certains...), voici ce que j'ai trouvé en surfant "par hasard" sur un blog :


Francesco Gallo, Mr. Gay Vatican City, est l'un des 20 délégués internationaux pour la Gay Competition qui a lieu à Palm Springs du 26 au 29 octobre 2006. Francesco est né à Rome et vit habituellement à Los Angeles. Il est architecte et parle quatre langues dont sa langue maternelle l'italien. Il est allé à l'université La Sapienza à Rome et a fait l'Ecole des Beaux-Arts à Paris. Il est actuellement architecte et designer. Ses passions : la photographie, le Beach volley, la cuisine, les langues.

A votre avis, a-t-il des chances de remporter la compétition ?!... Benoît XVI pourrait peut-être en faire son nouveau secrétaire, même si l'actuel est déjà pas mal ; mais celui-ci serait sans doute plus... "détendu" ! ;-)

mercredi 19 juillet 2006

Sainte Capote, protègez-nous !


Sainte Capote : la Cour de cassation se prononce en faveur de Aides

"Saisi par l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), le tribunal correctionnel avait condamné le président de l'antenne de Aides à Toulouse et la coordinatrice départementale (lire Quotidien du 26 mars 2004) pour une campagne locale de prévention. Cette décision avait été confirmée par la cour d'appel de Toulouse qui avait jugé que l'image dénaturée d'une religieuse associée à l'expression «Sainte Capote» et à un dessin de préservatif pouvait avoir pour effet de «créer un amalgame provocateur et de mauvais goût ayant pu être ressenti comme une offense envers la communauté catholique». La Cour de cassation vient de rendre public le jugement du 14 février 2006 dans lequel elle indique que même s'il a pu heurter certains catholiques, le visuel «n'excède pas les limites admissibles de la liberté d'expression», soulignant que «la cour d'appel a méconnu le sens et la portée des propos incriminés». Elle précise notamment que l'association, «humoristique et dénuée de toute malveillance», d'une image de religieuse à la lutte contre le sida «sous le vocable "Sainte Capote protège-nous" […], n'était pas constitutive d'une injure envers une catégorie déterminée de personnes». «C'est une belle victoire pour la lutte contre le sida», se félicite l'association Aides" (Jérôme Gac).

Source : tetu.com

Homophobie



Sans aller jusqu'en Iran, voici quelques questions/réponses trouvées sur le forum de Yahoo (Francophonie). Par exemple :

"L'homosexualité ne serait ce pas une maladie comme le choléra ou autre chose de ce type?"

Réponse d'une internaute :
"L'homosexualité était classée dans les perversions sexuelles dans le DSM-3 (classification des maladies en psycho), mais en a été retirée sous la trop forte pression des lobbies américains regroupant en très grande proportion artistes en tout genre, industriels,... C'est marrant d'ailleurs, avec de l'argent et de la notoriété, on obtient tout. Enfin tant qu'il y a des moutons... Pour moi, je m'en tiens à mes anciens maîtres, c'est une perversion.
Sources : mes études."

Heureusement les autres réponses étaient beaucoup plus sensées, et la plupart renvoyaient l'auteur de la question chez le... médecin!

Autre question :
"Laquelle entre l'homosexualité et l'homophobie est une maladie ? Car je trouve que l'homophobie est un mot inventé par les homo pour se défendre contre ceux qui sont contre leurs pratiques."

Autre question :
"Pourquoi dans Q/R [Questions/Réponses de Yahoo] il y a une catégorie à part "Homosexuel, bisexuel, et transgenre"? Ne serait ce pas une ségrégation (pas necessairement négative) ?"

Une des réponses :
"Moi je me pose aussi cette question car si Yahoo Q/R était basé dans mon pays, je suis sûr que cette catégorie n'y serait pas car ici, les homo et les trans n'existent que dans leur lit. Si on n'a pas une culture générale supérieure à la normale on ne peut pas savoir que cette histoire peut exister sous les nuages sans attirer la foudre. Dieu est clément !!!!!!! Je pense que je suis homophobe (Dieu merci !!!!)"

Dernière question :
"Pourquoi l'homosexualité pose t-elle un problème dans notre sociéte? J'ai beaucoup d'amis homo et la majeure partie d'entres eux ont peur de se montrer, de faire voir qu'ils s'aiment, qu'ils sont ensemble. Ce n'est quand même pas une maladie contagieuse. Dans certains pays, tu peux être condamné à mort parce que tu es homo, c'est quoi ça????????"

Sur 19 réponses à cette question actuellement, en voici quelques-unes :
"Car c dégoutant , c contre toutes les religions , toi par exemple , (si tu es une fille ) peux- tu coucher avec une autre fille ???? Si ton frère ou ton fils sont des homosexuels, tu vas les soutenir, les aider????? Réponds à cette question avec ta logique et tu vas savoir pourquoi l'homosexualité pose un problème."

"ça vient sans doute du fait que si toute la population devenait homo ( ou une partie suffisante pour qu'il y es plus de mort que de naissance ), en une génération (ou deux ?) il n'y aurait plus de société humaine... et la société s'en protège comme elle peut."

"Les autre pays on s'en fou!!!! Si on était tous homo il faudrait procréer in vitro et en plus cloner!!! Quelle horreur tous ces pédés et gouines, je sais plus où j'habite MOA!!!!"

"L'homosexualité ne pose pas problème mais c'est elle-même le problème parce qu'elle réduit la sexualité à un simple "faux" plaisir dû au frottement des organes génitaux (et/ou non génitaux) et tous les vivants qui n'en sont pas devraient s'insurger contre cela. Elle est pour la procréation ce qu'un vomitorium était pour la nutrition. J'ai vraiment pitié des homo parce qu'ils sont des victimes d'un laisser-aller sexuel des sociétés qui les hébergent. Je m'acharne contre ces sociétés qui ne font rien pour les aider à s'en sortir par "respect de la dignité humaine". Dans la vie, toute personne humaine se trompe au moins une fois : en ce cas la réaction de son entourage est positivement ou négativement déterminante. On ne doit surtout pas se moquer d'une personne qui se trompe. L'erreur est humaine mais c'est inhumain d'encourager quelqu'un dans l'erreur. Sûrement que beaucoup d'entre eux pourraient s'en sortir et retrouver leur sexualité normale si l'aide qui leur est offerte par leur société n'était pas inversée. "pour éviter des ennuis, laissons-le dans ses ennuis", quel mauvais slogan !"

Et j'en passe, et des meilleures !...
Dieu merci, il y avait quelques réponses sensées, là aussi, qui élevaient le niveau ; par exemple :
"Le rapport de l'homme à la sexualité a toujours été des plus compliqués. L'homosexualité renvoie les gens à leur propre sexualité, leurs frustrations, leurs fantasmes refoulés, leurs complexes... Elle remet en avant toute une partie intime de leur vie qu'ils n'arrivent pas forcément toujours à gérer, et, même si c'est le cas, qu’ils trouvent indécent d’afficher en public. Ce n’est pas forcément facile de ne pas associer orientation et pratiques sexuelles.Et puis il y a des données sociales et historiques.
Les religions, dont un des rôles à l’origine est de sauvegarder la société, d’y dicter des lois et d’y maintenir une cohésion, ont forcément toujours condamné l’homosexualité, cette pratique marginale. En plus de cela, un de leurs buts est quand même de peupler la terre de plein de petits croyants voués à leur Dieu. Et vu que les religions ne sont pas réputées pour leur finesse, l’homosexualité trimballe du coup un sacré passif.
Dans une société qui n’est pas en grande forme, on a toujours tendance à rejeter ce qui n’est pas comme nous. Or, de nos jours, la sexualité a une place importante dans notre monde, l’orientation sexuelle devient de facto un critère d’exclusion.
Enfin, les gens ont besoin de repères, surtout quand ils vivent dans une époque qui leur échappe. Par paresse, bêtise, ignorance, éducation ou autres, deux de ces repères sont au fondement de leur idée du couple :
-La nature (ou du moins la vision qu’ils en ont), car elle justifie leur place sur la terre et qu’elle a quelque chose de rassurant, de simple et d’ancestral, or le mâle est fait pour s’accoupler avec la femelle.
-La famille (ou du moins la famille telle qu’ils se l’imaginent), car elle représente la stabilité, l’époque bénie où ils n’avaient pas besoin de se poser de questions, le fantasme d’une vie réussie, et qui se construit autour d’une figure patriarcale et matriarcale bien définie, avec tout un tas de petits marmots blonds qui courent, rient et se chamaillent. Bref, ce n’est évidemment qu’un début de réponse, on pourrait en parler des heures et de manière moins caricaturale, j’imagine, mais j’espère que ça répond un peu à ta question."

Ma question : Croyez-vous que les auteurs de certaines réponses nous penderaient aujourd'hui, si c'était possible en France, comme cela l'est encore malheureusement en Iran ?
Peut-être auraient-ils une préférence pour le bûcher, sait-on jamais ?!...

vendredi 14 juillet 2006

"Défaire le genre" de Judith Butler

Avec "Défaire le genre", la philosophe américaine Judith Butler opère un retour critique sur son premier livre, le classique et essentiel "Trouble dans le genre", traduit en France il y a quelques mois seulement. Elle remet une nouvelle fois en cause les conformismes de la communauté LGBT.

Rencontre avec la philosophe queer Judith Butler
Par Tim Madesclaire


Au bonheur des genres

« Depuis quatre ans, c’est toute l’œuvre de Judith Butler qui a été traduite et publiée en français. Une véritable lame de fond qui s’est répandue dans la presse, les milieux universitaires, les associations et parmi les militants gays, lesbiens, transsexuels. Butler est une figure à part. Il aura fallu que ce soit une lesbienne butch, philosophe, prof à Berkeley, d’origine juive qui, à l’heure où les communautés gay sont parfois tentées par un certain conformisme, vienne troubler le jeu. Que ce soit elle, au temps des tri-thérapies, de l’ouverture du mariage aux gays et aux lesbiennes, aux discussions sur l’homoparentalité… qui rappelle quelques évidences que l’on serait tenter de trop vite oublier : le sens du deuil, du chagrin, la construction de soi loin d’un individualisme égoïste, et surtout la nécessité de ne rien enfermer, de toujours laisser une porte ouverte pour des évolutions à venir dont nous n’avons aucune idée. Ce qui ne pousse vers aucune fatalité, mais au contraire engage à chercher, chercher encore, les conditions d’une "vie vivable", terme qu’elle utilise souvent, pour soi, mais aussi pour les autres.

Comment avez-vous évolué depuis l’époque où vous avez écrit "Trouble dans le genre", en 1990 ?
"Trouble dans le genre" aurait aussi pu s’appeler "Faire le genre". C’était à bien des égards un texte exubérant, enthousiaste, sur nos capacités d’agir sur nos vies. A l’époque où je l’ai écrit, il y avait le besoin urgent d’un activisme lié notamment à la prise en charge des malades et à la recherche contre le sida, et pour la reconnaissances des identités sexuelles. En même temps, il fallait interroger les limites qui contraignaient nos capacités d’agir. Or nous ne sommes pas seulement contraints par les structures disciplinaires du pouvoir, ou de l’État, mais aussi par notre relation aux autres. J’en suis venue à réfléchir à comment la personne se construit elle-même au travers de ses relations. Ce qui m’a amenée alors à penser au processus du deuil, qui est devenu une part importante de mon travail.

Pourquoi "Défaire le genre" ?
Avec "Défaire le genre", j’interroge les nouveaux modes de communauté : parenté, amitié, filiation, comment on pense l’amour… C’est une autre orientation. Je réfléchis à comment les normes nous "font" et nous "défont" : à la fois elles nous constituent et nous empêchent de faire ce que nous voudrions faire de nous-même. Elles sont restrictives, mais en même temps elles nous "constituent". Il y a deux sens à cela. D’un côté, bien sûr, les normes nous rangent dans des catégories comme la masculinité, la féminité, l’hétérosexualité, l’homosexualité, etc. Mais on peut aussi les considérer comme une sorte "d’avertissement" (elle le dit en français, ndlr). Il y a une bonne façon d’être "défait". Pourtant, nous ne voulons jamais l’être, nous voulons être seulement nous-mêmes. C’est un idéal que je critique. Car notre conception de nous-même est sans cesse remise en question au cours de nos relations. Ce qui est bien avec la possibilité d’être "défait", c’est aussi de rester ouvert à un futur de nous-même que nous ne connaissons pas.

Comme un mystère nécessaire ?
Je dirais plutôt une certaine opacité de soi. Peut-être cette façon de penser le relationnel vient-elle de nouvelles sources politiques, de nouvelles façons d’envisager les communautés, comme le PaCS, la parenté, la filiation, le fait d’être gay, ou lesbienne, ou transsexuelle… Ce qui est important, c’est de se demander à quoi ressembleront politiquement ces nouvelles communautés, ces nouvelles formes de solidarité gay, lesbien, transgenre, intersexe. Quelles seront ces nouvelles formes d’alliances ?

Vous liez des questions comme le féminisme, le genre, mais aussi les races, les classes…
Je mets en place des tensions entre tous ces thèmes. Il y a une tension à établir entre le féminisme et les études "queer", entre le "queer" et la transsexualité, entre les études raciales et sexuelles. Ce sont ces tensions qui produisent la possibilité d’alliances, ou de ruptures. Je ne pense pas qu’il y ait un continuum. Ces thèmes ne sont pas systématiquement liés, ils ne forment pas forcément un "pack". Si on veut les lier pour lutter, quelquefois ca marche, d’autres fois non.

Pensez-vous que si les gays et les lesbiennes obtiennent le droit au mariage et à l’homoparentalité, cela changera le sens du mariage et de la famille ?
Il ne faut pas perdre de vue que le mariage n’est qu’une des façons possibles d’organiser la sexualité et la parenté. Cela m’inquièterait que le mariage empêche la légitimité d’autres types de relations. Mais d’un autre côté, c’est une injustice criante de dire que le mariage ne peut être ouvert qu’aux hétérosexuels. Alors oui, espérons que le mariage gay change le mariage ! C’est la plus puissante des institutions. Il produit des limites strictes, il a privatisé nos vies sociales, il est à la base de nos schémas politiques. J’espère que le mariage gay ouvrira à une conception plus large de ce qu’est une communauté, qu’il changera le rapport entre vies personnelles et vie publique, la façon d’élever des enfants. Ce qui ne se fait pas forcément seulement à deux ! Espérons que le mariage gay sera une institution qui sera moins étriquée et restrictive."


Le livre :

"Défaire le genre" résonne à " Trouble dans le genre", et d’une certaine manière clôt une partie de l’œuvre de Butler. Tout en ouvrant sur de nouvelles perspectives, en introduisant fortement la notion de "parenté" (kinship) au cœur de sa réflexion. Cet ensemble de textes, conférences, articles, interventions, essais, donne une vision panoramique de l’œuvre de la philosophe, qui parvient à monter et démonter des systèmes que l’on croit figés pour toujours. Certains textes sont d’un accès facile, comme "Hors de soi" ; d’autres sont plus difficiles, mais pourtant les idées se répondent d’un texte à l’autre, au point que la lecture en est souvent émouvante. Elle jure qu’elle ne l’a pas fait exprès, mais que cela lui fait plaisir…

Judith Butler, "Défaire le genre", éditions Amsterdam, 22 euros.

Source : magazine Illico (bimensuel gratuit), 14 juillet 2006, n°153, pp.24-25.

jeudi 13 juillet 2006

Navarro "valse" !

Je me permets de reprendre ici deux commentaires que j'ai faits sur deux excellents blogs :

celui de Cathogay :
Navarro-Valls termine sa charge sur des propos odieux bien à son image, et malheureusement pas drôles du tout : d'après un article lu dans la presse, "si le Pape n'a pas directement critiqué les positions et les réformes du gouvernement espagnol lors de sa rencontre avec José Luis Rodriguez Zapatero, le Premier ministre, le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro Valls s'en est chargé pour lui. Il a, en effet, critiqué la position du chef du gouvernement espagnol qui avait choisi de ne pas assister à la messe dominicale célébrée à Valence par le Pape : il a déploré cette absence, inédite selon lui, et jeté de l'huile sur le feu en le comparant à plusieurs dictateurs encore en activité dans le monde. Ainsi il a rappelé que, lorsque Jean-Paul II est allé à Cuba, même «Fidel Castro n'a pas déserté la messe», ni un José Ortega, ancien président sandiniste du Nicaragua, ni le général Jaruzelski, numéro un à l'époque de la Pologne communiste, qui avaient participé à des messes présidées par Jean Paul II.
L'exporte-parole du pape oublie qu'en 1997, lors de la messe de clôture des Journées mondiales de la jeunesse de Paris, ni le président de la République, Jacques Chirac, ni le premier ministre d'alors, Lionel Jospin, n'avaient assisté à la messe célébrée par le pape polonais."

et celui de Dieu nous aime :
"On ne va pas à la messe par courtoisie ou par devoir diplomatique, on y va parce qu'on y croit. M. Zapatero a eu du courage de rompre avec des habitudes odieuses : quand on pense que M. Navarro-Valls vante le fait que des dictateurs sanguinaires sont allés à la messe du Pape, on croit rêver !!! Que je sache, M.Zapatero n'a tué personne, mais il a oeuvré très concrètement pour plus d'amour, de respect et d'égalité dans son pays en autorisant le mariage et l'adoption pour les homosexuel(le)s. Voilà ce qui est vraiment chrétien ! Et qui vaut beaucoup plus aux yeux de Dieu que d'assister à une messe concélébrée par des évêques espagnols qui l'ont quasiment insulté dans la presse en le traitant de "Caligula" !
Par ailleurs, il est clair que l'Eglise espagnole n'accepte pas que le politique prenne son autonomie et elle est prête à n'importe quelle forme de pression pour maintenir son autorité et sa puissance, mais elle oublie que le Royaume de Dieu n'est pas de ce monde, et en ce sens elle trahit la volonté de son Seigneur qui est de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Saint Paul également rappelait que les chrétiens devaient se soumettre aux lois civiles. Quand il s'agit d'une dictature à la Pinochet ou à la Franco, l'Eglise collabore, mais quand il s'agit d'un démocrate comme Zapatero, elle regimbe : voilà qui en dit long sur ses intérêts politiques..."

mercredi 12 juillet 2006

Zidane se confesse

Je trouve que ce footballeur admiré de tous, - et même de certains gays ! - vient de s'expliquer sur son geste de manière remarquable à Canal + : il estime que son geste est impardonnable et il présente ses excuses à tous ceux qui l'ont vu, en particulier les enfants et les éducateurs, mais il ne le regrette pas, car sa mère et sa soeur ont été insultées.
Voilà que cet homme, au sommet de sa gloire et à la fin de sa carrière, préfère sauver l'honneur de sa famille plutôt que sa couronne ; il sacrifie, à 10 mn de sa dernière sortie, sa consécration absolue, et préfère salir sa réputation plutôt que de laisser salie celle des siens qu'il aime. Belle leçon d'humilité, en vérité ! "Il en a", assurément !...

Cela me fait penser à cette scène de l'évangile où Jésus chasse violemment et avec colère les marchands du Temple qui salissent la réputation du Temple, Maison de prière de son Père (Matthieu 21, 12-13 ; Marc 11, 15)...

Quand, dans une discussion, tel ou tel se met à insulter, d'une manière ou d'une autre, les homosexuels, il est parfois bien difficile, lorsqu'on est gay soi-même, d'intervenir : on a peur d'être alors considéré comme un homo., si les autres interlocuteurs ne le savent pas. Il en faut alors des c... et du courage pour oser une parole, sinon un geste !

Bible et homosexualité

Deux sites méritent d'être particulièrement mis en valeur pour la qualité des recherches exégétiques sur l'homosexualité dans la Bible :
Cathogaysbelgique, proposant une conférence du dominicain Gareth Moore (aujourd'hui décédé)
et Homophobia, proposant des réflexions du Pr Daniel Helminiak, prêtre catholique américain.

D'autres bloggers gays chrétiens les ont déjà signalés, mais je me permets simplement ici de les mettre en valeur pour ceux qui n'auraient pas eu encore l'occasion de les visiter.

Dans le même sens, je signale également deux livres très intéressants (ce qui ne veut pas forcément dire exempts de toute critique !) :
- Daniel Helminiak, Ce que la Bible dit vraiment de l'homosexualité, coll. Les empêcheurs de tourner en rond, Le Seuil, 2005.
et
- Thomas Römer et Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-orient Ancien et la Bible, Labor et fides, 2005.

Signalons aussi cette conférence de Thomas Römer sur Homosexualité et Ancien Testament.

mercredi 5 juillet 2006

Une Eglise espagnole sous influence

Extrait d'un article paru dans La Vie :
La participation de l'Eglise aux manifestations contre le mariage homosexuel, aux côtés du Parti populaire, relance la polémique autour des liens de l'épiscopat avec la droite.
"Nous sommes beaucoup d'Espagnols à penser que derrière les attaques de l'épiscopat contre le gouvernement actuel se cache l'Opus Dei, dont l'Espagne est le berceau", souligne Ana [mère de famille, laïque de gauche].
Alberto, étudiant de 28 ans, s'insurge : "La Journée mondiale contre la pauvreté tombait cette année deux semaines après la manifestation contre la loi autorisant les mariages gay et lesbien. Un seul évêque dans toute l'Espagne y a participé."
Et Carlos Garcia de Andoain [coordinateur du groupe des Chrétiens socialistes] de renchérir : "Le pape Jean-Paul II s'était opposé fermement à la guerre contre l'Irak. Mais aucun évêque ne s'est rendu aux manifestations qui dénonçaient le soutien du président Aznar à George W. Bush ! Les évêques ne manifestent que contre le gouvernement Zapatero."

No comment !...

Source : propos recueillis par Marie Zawisza dans La Vie, n° 3174, 29 juin 2006, p. 66.

Les prêtres homosexuels au bûcher !

Une note historique publiée récemment sur le site d'un Ordre religieux nous le rappelle tragiquement :
En 1566, une bulle pontificale de Pie V autorise à punir de mort les homosexuels [1], même quand ils sont prêtres.

Pie V, qui vient d’être élu pape, fut un Dominicain exemplaire dans sa piété, sa dévotion et son sens des responsabilités. Son premier souci pontifical est de faire des États pontificaux—et particulièrement de la ville de Rome—un lieu homogène et parfait. C’est le rêve d’une nouvelle Jérusalem : les prostitués et les homosexuels sont les premières victimes de ce nettoyage ; les juifs seront expulsés en 1569 ; les journalistes (qui sont apparus depuis peu) seront arrêtés en 1572.

Jusqu’alors, le statut de clerc protégeait les homosexuels des poursuites pénales. À partir de Pie V, il n’y a plus de « privilège » : entre 1569 et 1572, les prêtres accusés d’homosexualité brûleront sur les bûchers romains comme les autres.

[1] On les appelle différemment selon les époques : « sodomites » au moyen-âge, « invertis » au XIXe siècle, « homosexuels » et « gays » au XXe siècle.

Aujourd'hui, il n'est plus possible de les brûler ; alors, on les calomnie en les traitant d'immatures, de narcissiques, de manipulateurs, etc. Mais si on pouvait, je suis sûr qu'on les enverrait encore au bûcher.
Une simple question : quelqu'un peut-il me dire combien de personnes Jésus a-t-il brûlé dans les évangiles ?...